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Nuisances réelles versus dissuasion nucléaire

CEA - DAM -DGA, les chiens de garde de l’abomination nucléaire

jeudi 13 juin 2013, par Roger NYMO

Il nous coûtent un bras et peut même nous coûter la vie.

Même dans l’heureuse perspective d’une non utilisation, notre arsenal nucléaire terroriste a déjà fait de nombreuses victimes civiles et militaires.

L’ État français doit aujourd’hui assumer toutes les conséquences sanitaires et sociales du funeste et mortifère choix nucléaire passé.


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Damien Girard, président de l’ADEPR

Voici la lettre que vient d’envoyer le président de l’ADEPR (Association de Défense de l’Environnement de Pontfaverger et de sa Région) au Réseau Zéro Nucléaire (RZN) au sujet de la fermeture prochaine de l’installation militaire nucléaire du polygone d’expérimentation de Moronvilliers (PEM) :

Damien Girard Président de l’ADEPR Association de Défense de l’Environnement de Pontfaverger et de sa Région 51490 PONTFAVERGER

Pontfaverger-Moronvilliers, mardi 11 juin 2013

Mesdames et messieurs les élus,

En tant que maire ou conseillers municipaux, vous devez assurer la sécurité et la santé des citoyens.

Vous en avez juridiquement la responsabilité et pourtant vous n’avez jamais été informés par les services administratifs, des rejets radioactifs et chimiques dans l’air, dans l’eau et dans le sol, dus au demi-siècle d’exploitation du polygone d’expérimentation nucléaire de Moronvilliers.

  • Par son action, l’association de défense de l’environnement de Pontfaverger et de sa région, a découvert des documents officiels : le taux d’uranium dans l’eau située dans un piézomètre de l’enceinte du site révèle une augmentation de 3000 % par rapport à l’état naturel, la radioactivité migre jusqu’à la Suippe et la Vesle (300% d’augmentation). Suivant le site Basol du ministère de l’environnement, du développement durable et de l’énergie, la nappe phréatique est polluée à la radioactivité. Sur le site de L’Andra, on peut lire que tous les ans, des tonnes de matières radioactives sont évacuées vers des centres appropriés, ce qui révèlent une activité radiologique importante et non de la simulation comme cela a toujours été décrit. Une grande inquiétude demeure sur le devenir de la dépollution complète du site, suite à son démantèlement prévu pour la fin de l’année. Les zones les plus contaminées sont : « le casque » et les 60 puits d’expérimentation dont 5 seraient rebouchés suite à des incidents de tirs (ogives encore présentes à 50 mètres de profondeurs) ; « la fosse des maréchaux », qui a servi de site d’enfouissement, de la création du site jusqu’aux années 80/90 ; « la fosse froide » où a eu lieu des centaines de tirs avec des matériaux utilisés comme de l’uranium, deutérium, béryllium, tritium, plutonium ? …

Pourtant tous les ans, un document est réalisé par le CEA/DAM comprenant :

  • un plan de surveillance de l’environnement du polygone d’expérimentation de Moronviliers.
  • la surveillance de l’uranium dans les eaux.
  • la mesure de la concentration en uranium des eaux souterraines.

Je vous demande d’obtenir ce dossier (de la création du site à nos jours) auprès du préfet de la Marne, et de constituer un comité de pilotage pour faire un bilan radiologique et chimique avec, comme expert indépendant, la CRIIRAD.

Nous devons pouvoir gérer ce problème sans l’intervention de Greenpeace ou autre, évitons une escalade semblable à celle du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Plus d’informations sur notre site :

http://pontfaverger-environnement.j...

Lien vers le fichier PDF de ce courrier :

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Voici le reportage de France 3 dans lequel intervient monsieur Damien Girard, président de l’ADEPR (Association de Défense de l’Environnement de Pontfaverger et de sa Région) :

Le site sera propre quand le CEA s’en ira !

François Geleznikoff

Comme en Polynésie française ?

Roger Nymo



Si je pose cette question c’est parce que ce matin le Réseau Zéro Nucléaire a reçu un intéressant communiqué de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) :

La CRIIRAD dénonce le licenciement de Bruno BARILLOT et s’inquiète de voir refermer, une fois de plus, le dossier de l’impact sanitaire et environnemental des essais nucléaires de la France.

Depuis 2005, Bruno Barrillot avait la charge officielle du suivi des conséquences des essais nucléaires pour le gouvernement de la Polynésie française.

Il a été convoqué le 6 juin 2013 au ministère de l’Environnement de la Polynésie française pour un entretien préalable à un licenciement.

C’est l’une des premières décisions prises par le gouvernement mis en place suite à l’élection, le 17 mai 2013, de monsieur Gaston Flosse, redevenu Président de la Polynésie française.

La CRIIRAD connaît bien Bruno Barrillot et peut témoigner de la qualité et de l’efficacité de son engagement aux côtés des victimes des essais nucléaires et pour la réhabilitation des territoires pollués par les activités militaires.

Elle invite ses adhérents et tous les citoyens concernés à adresser un message de soutien à Bruno Barrillot à l’adresse de l’association Moruroa e tatou (*) :

moruroaetatou@mail.pf

Ces messages seront transmis tant au gouvernement polynésien qu’au gouvernement français.

Bruno Barrillot est un des co-fondateurs en 1984 de l’Observatoire des Armements. Il milite sans relâche depuis plusieurs décennies pour la reconnaissance des impacts sanitaires et environnementaux des essais nucléaires français dans le Sahara et en Polynésie française.

Son travail a abouti à des progrès concrets, comme la loi sur l’indemnisation des victimes dite loi Morin, le démantèlement des installations militaires sur l’atoll de Hao, la réalisation d’études radiologiques indépendantes à Hao, Tureia et aux Gambier, etc ...

Beaucoup reste à faire et son éviction est un signal très négatif donné par le nouveau gouvernement de Polynésie française.

(*) L’association polynésienne Moruroa e Tatou a pour objet de défendre et d’assister les victimes des essais nucléaires, d’obtenir, par tous les moyens légaux à sa disposition, le droit à l’information sur les conséquences de la participation aux programmes d’essais nucléaires sur la santé, le droit d’accès aux dossiers radiologiques et médicaux, le droit à pension, à indemnisation et aux soins.

Extraits du communiqué de presse du 4 juin 2013 de l’association « Moruroa e Tatou »

Le 17 mai 2013, Gaston Flosse est redevenu Président de la Polynésie française. Fervent soutien des essais nucléaires au cours de sa longue carrière politique (il a 82 ans), moyennant l’argent de la France déversé à flots, il commence aujourd’hui à faire table rase de tous ceux qui, depuis des années, ont combattu les essais nucléaires et se sont engagés au service des victimes. .../.... En juillet 2005, Bruno Barrillot avait été appelé de France par le gouvernement Temaru pour animer la commission d’enquête de l’Assemblée de la Polynésie sur les essais nucléaires. Depuis près de 8 ans, avec le soutien de Moruroa e tatou et des gouvernements successifs, il a obligé la France à commencer la réhabilitation des anciens sites occupés du temps du CEP et laissés à l’état de ruines depuis la fin des essais en 1996. Avec les associations, il a dénoncé les conséquences des essais nucléaires sur la santé et l’environnement et il a forcé le gouvernement français à concéder une loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, loi qui, hélas, reste encore à réformer.

Avec les gouvernements successifs de la Polynésie depuis 2005, et notamment avec le dernier gouvernement Temaru, Bruno Barrillot a engagé un programme sur la « Mémoire de la période des essais nucléaires » complètement occultée dans les programmes scolaires, et qui reste encore à consolider. Moruroa e tatou s’inquiète de voir les victimes polynésiennes des essais nucléaires disparaître les unes après les autres, sans le soutien officiel du gouvernement polynésien qui rejette un de leur plus fidèle défenseur depuis plus de deux décennies.

Moruroa e tatou s’indigne de voir Bruno Barrillot ainsi « remercié » et poursuivi par une haine revancharde qui ne fait pas honneur à ce gouvernement. Le licenciement de Bruno Barrillot par le gouvernement Flosse est une mauvaise action contre toutes celles et tous ceux qui, en Polynésie et dans le monde, mènent un combat pour la vérité et la justice à l’égard des victimes des essais nucléaires.

Lien vers le fichier PDF de ce communiqué :

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Photographie Jean-Paul V.

En apprenant le scandaleux licenciement de monsieur Bruno Barrillot, j’ai eu l’idée de contacter un ami qui a vécu, sur le terrain, une partie des essais nucléaires militaires en Polynésie française et je lui ai demandé son avis sur cette affaire :

Voilà mon avis, je fais très peu de politique, donc ce ne sont que mes remarques.

Gaston Flosse est un autonomiste, un suppôt du pouvoir pro-nucléaire français, qui avec l’aide de Chirac a continué à couvrir les essais nucléaires.

En 2004, l’Union pour la démocratie (UPLD) reprends le pouvoir.

Temaru, est un grand ami de Bruno Barrillot.

Donc aujourd’hui Flosse qui a les pleins pouvoirs avec l’aide de la France se débarrasse de Bruno Barrillot.

Voila, et ça arrange bien nos affaires.

Maintenant pour l’indemnisation des victimes des essais, c’est une utopie totale.

L’avenir de la CRIIRAD en Polynésie ?

Je trouve dommage que les Polynésiens aient réélu monsieur Gaston Flosse, ils en voulaient à Temaru qui aurait pu avoir un petit siège à l’ONU.

La vérité est connue, la justice elle ne passera jamais, car cela coûterait des milliard d’euros en indemnisations et compensations rien que pour l’Algérie et la Polynésie française.

Nous sommes quand même face à un crime écologique, doublé d’un crime contre l’humanité.

Mis à part Hao, qui était une base arrière contaminée par la décontamination du matériel, ils nettoient ce qu’ils peuvent, mais la source de contamination principale est à la sortie de la passe dans une zone d’immersion de déchets « Hôtel ».

Les Japonais avaient prévu un élevage de poissons dans ce lagon, mais après analyse ils ont renoncé.

Pour les 2 Atolls de Moruroa, et Fangataufa, c’est fini ...

Ils sont rayés de la carte du monde pour l’éternité, de toute façon ils s’effondrent totalement.

Moruroa est déjà à 50% submergé, avec tout ce qui reste en dessous.

Pour Fangataufa c’est idem, la partie sud a carrément disparu.

Comme me disait mon ami Marcel, spécialiste des forages nucléaires pendant 16 ans :

Cela ne m’étonne pas du tout !

Nous savions déjà dés le premier essais souterrains en 1975, que ça allait bouger.

Donc ils savaient pour les effondrements, dés le début ...

Il ne faut pas oublier que les gros tirs aériens avaient déjà déstabilisé les Atolls par effet de choc sismique.

Donc pour conclure, toute cette merde nucléaire est en train de se déverser dans le Pacifique, et ils mettront ça sur le compte de Fukushima !

Jean-Paul V.



Voici le communiqué en forme de lettre ouverte de Heiura Les Verts Polynésiens du jeudi 13 juin 2013 :

Communiqué de presse :

Lettre ouverte a Gaston Flosse.

JE NE LE CONNAIS PAS !

C’est en ces termes que vous pointez d’un doigt accusateur M. BARRILLOT, chef de service de la Délégation polynésienne pour le Suivi des Conséquences des Essais Nucléaires (DSCEN). M. BARRILLOT représenterait-il un danger pour votre gouvernement Tahoêraa et ses trois députés, Jean-Paul TUAIVA, Jonas TAHUAITU, Edouard FRITCH ?

La DSCEN représente un budget annuel de 30 millions de F.CFP. M. BARRILLOT en est l’unique salarié. La délégation s’est vue renforcée cette année par un jeune polynésien en Corps Volontaire au Développement (CVD) pour une durée de 12 mois. La contribution de ce service aux économies justifierait-elle sa disparition ? Mais comme nouveau Président du Pays vous semblez si soucieux de faire des économies, sans doute avez vous drastiquement négocié les indemnités de votre nouveau directeur de cabinet fraîchement débarqué de sa lointaine France. Ce dernier a accepté t-il de venir travailler quasi… bénévolement ? Les polynésiens souhaiteraient savoir.

La Délégation polynésienne pour le Suivi des Conséquences des Essais Nucléaires est aujourd’hui la seule mémoire quasi exhaustive que nous ayons sur la période des essais nucléaires. C’est elle qui conserve et actualise les travaux réalisés sur les conséquences économiques, sanitaires et environnementales par la Commission d’enquête de l’Assemblée de Polynésie française en 2005. Sans la délégation, les polynésiens n’auraient jamais su que sur la trentaine de capteurs installés pour surveiller Moruroa... seule une petite dizaine fonctionne encore, témoignant qu’en fait l’Etat ne surveille plus grand chose. Sans la délégation, les polynésiens n’auraient jamais su que les barrières récifales de Moruroa et Fangataufa menacent de s’effondrer et de provoquer un Tsunami, notamment sur Tureia... Sans la délégation, les polynésiens n’auraient jamais obtenu la déclassification de documents jusque là placés sous le joug du secret défense. Sans la délégation, les polynésiens n’auraient jamais pu sensibiliser les jeunes à ce que furent les essais nucléaires au travers de l’exposition des témoins de la bombe. Sans la délégation, les polynésiens n’auraient jamais pu mettre à jour les mensonges incessants de l’Etat sur la période des essais nucléaires. Sans la délégation, la mémoire de tous les polynésiens contaminés n’auraient jamais pu être défendu. Les polynésiens ne connaîtront jamais les résultats de l’étude sur les modifications du patrimoine génétique liées aux essais nucléaires.

La Loi Morin votée en 2009 notamment par Edouard FRITCH et Michel BUILLARD, alors députés UMP, avait pour vocation l’indemnisation des victimes des conséquences des essais nucléaires. La réalité de cette loi est inique, à tel point que, voilà un an, lors de la campagne des législatives, vos trois nouveaux députés s’étaient engagés à améliorer cette loi Morin, et à défaut, de proposer un autre texte. Leur silence et leur absence depuis leur élection sont à la hauteur de leurs convictions ! Ils proposent de créer une Commission d’évaluation de la loi Morin ! Il s’agit évidemment d’une nouvelle combine pour enterrer tout espoir de modifications. L’évaluation de cette loi a déjà été faite ! Et les résultats de cette évaluation sont sans appel. Le texte de loi est organisé de tel sorte qu’elle ne peut indemniser quasiment personne. L’évaluation recommande d’ailleurs de modifier entièrement le texte car la seule modification des décrets d’application serait sans conséquence ! Comme sénateur, vous devriez le savoir ! Mais qu’à cela ne tienne, cette commission d’évaluation permettra aux familles polynésiennes d’enterrer d’ici là leurs proches malades de cancers liés aux conséquences des essais nucléaires ! Mais n’est-ce pas là l’objectif recherché ?

Pour vous monsieur Gaston FLOSSE, la délégation semble dissimuler le spectre de l’opposition, des associations anti-nucléaires, voire de l’église protestante maòhi. Lors de l’entretien préalable avant licenciement, selon les dirigeants de l’association MORUROA E TATOU, le ministre de tutelle, Geffrey SALMON, était incapable de donner la moindre raison objective justifiant cette procédure. A quand d’autres licenciements dans notre administration ? Non, monsieur Gaston FLOSSE vous n’avez pas changé.

Des 100 millions de F.CFP qu’auraient coûté la délégation depuis sa création, c’est une somme importante, pour la recherche de la vérité et la transparence ! Nous assumons entièrement nos orientations politiques prises avec l’UPLD. 100 millions de F.CFP au regard des différents détournement de fonds et abus de biens publics dans lesquels vous êtes condamné et certains membres du Tahoeêraa sont impliqués, sont bien insignifiants. Vous cherchez à prendre votre revanche. Chaque polynésien peut légitimement être inquiet.

Heiura les Verts.

(Source : http://www.tahiti-infos.com/Communi...)

Grâce au nucléaire la France restera durablement exemplaire ?

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Voir en ligne : Association de Défense de l’Environnement de Pontfaverger et de sa Région

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