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Substance mort

Au sujet des irradiations par faibles doses

lundi 9 septembre 2013, par Le CA du Réseau Zéro Nucléaire, Roger NYMO

Le docteur Eisuke Matsui, président de l’association ACSIR, a donné, le vendredi 6 septembre 2013 dernier, une conférence à Paris dans le onzième arrondissement sur les causes biophysiques et les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima.



"Au sujet des irradiations par faibles doses : le cas de Fukushima"

Organisation : Echo-Echanges

Contact : 01 43 14 75 75 / echoechanges@wanadoo.fr / Kolin Kobayashi

www.fph.ch


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Monsieur Yves Lenoir, président d’ ETB, salue le docteur Eisuke Matsui et son épouse avant le début de la conférence.

Le journaliste Kolin Kobayashi nous a confirmé en début de conférence l’effondrement d’une grue sur le toit du réacteur n°3 de ce qui fut la centrale nucléaire de Fukushima, et de ce qui est dorénavant une épée de Damoclès nucléaire permanente sur l’avenir sanitaire de la biosphère terrestre.



Nous étions une petite cinquantaine de personnes à assister à cette importante conférence parisienne.



Le contexte géographique et historique de la catastrophe de Fukushima nous a été, en préambule de la conférence, exposé par le docteur Eisuke Matsui, notamment pour démonter l’absurdité de la thèse d’une contamination concentrique, les omissions volontaires des données du système speedy et l’importance des précipitations, des courants aériens et des contreforts montagneux dans la répartition hétérogène de la contamination par les particules radioactives dite en taches de léopard.

De quoi faire sérieusement réfléchir tous les habitants de la vallée du Rhône ?



Dès le début de sa conférence le docteur Eisuke Matsui a tenu à préciser les différences essentielles entre irradiation externe et contamination radioactive.

L’irradiation externe est souvent liée à des fortes doses, elle s’exerce sur de longues distances et dans des temps très courts en cas d’explosion nucléaire, par l’intermédiaire des rayons gamma et du rayonnement neutronique.

L’irradiation interne ou contamination radioactive concerne souvent de faibles doses, très proches de l’origine des fonctionnements métaboliques, à l’aide de rayons alpha et bêta indétectables en anthropogammamètrie.



Les propos souvent techniques du docteur Eisuke Matsui étaient traduits en français de manière très compétente par une jeune et talentueuse traductrice.



Les particules nanométriques de césium 137 (Cs-137) irradient des rayons gamma et bêta à partir des parois musculaires du cœur où elles se concentrent préférentiellement.



Des petites particules de plutonium 239 (Pu-239) irradient uniquement des rayons alpha à partir des vacuoles pulmonaires où elles se déposent.

Les rayons alpha sont équivalents à de véritables petits boulets de canon, ce sont des noyaux d’hélium (deux protons et deux neutrons) avec une énergie de masse de 3,72738 GeV !

Le poumon est bombardé en permanence de l’intérieur, sans possibilité technique de détection directe externe des mortifères rayons alpha.



Les rayons gamma fortement pénétrants et hautement énergétiques traversent la double hélice de l’ADN nucléaire des cellules en brisant une seule hélice, cela occasionne des dégâts sur le génome, dégats qui peuvent être naturellement réparés, si l’irradiation n’est pas trop forte ou trop longue.

Les rayons alpha (noyaux d’hélium) et bêta (électrons ou positrons) faiblement pénétrants, lorsqu’ils sont émis en proximité de l’ADN, de part la loi physique du carré inverse, dégagent une très forte énergie qui brise la double hélice d’ADN, occasionnant à ces tristes et longues occasions des dégâts irréparables et transmissibles.



Les trois types de rayonnement, alpha, bêta et gamma sont dits ionisants car ils provoquent l’apparition de radicaux libres (ions), lorsqu’ils interférent avec la matière organique et son composant le plus abondant : l’eau.



L’ionisation de l’eau crée de l’eau oxygénée, un poison oxydant mortel.



Le docteur Eisuke Matsui insiste sur ces effets mortifères de proximité (bystander effects) qui sont malheureusement à l’origine de nombreuses pathologies radio induites.



Le noyau cellulaire de par sa petite taille relative par rapport au reste de la cellule, est statistiquement moins exposé que l’ensemble du cytoplasme.

Les dégâts occasionnés par des radiations ionisantes au cytoplasme sont responsables de nombreux problèmes transmissibles aux cellules proches n’ayant pas été elles mêmes directement exposées à une radiation ionisantes.



On parle alors d’instabilité génomique, dans l’effet “ bystander ”, des signaux de dommages sont transmis des cellules irradiées aux cellules non-irradiées d’une population cellulaire, conduisant à la survenue d’effets biologiques dans ces cellules.



Les organismes reconnus officiellement par l’industrie nucléaire mortifère et ses promoteurs institutionnels ne reconnaissent que l’exposition externe homogène par les rayons gamma.

Il s’agit là de crimes contre la science, la nature et l’honnêteté intellectuelle sous forme de publications.



Heureusement des chercheurs en biophysique ont dénoncé par le passé cette scandaleuse absence d’indépendance de la Commission Internationale de Protection Radiologique (ICRP)



Le modèle de protection radiologique développé « grâce » à l’étude des survivants des explosions nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki est totalement inadapté à la protection des populations civiles lors des explosions de réacteurs nucléaires.

En effet la radiation externe est significativement plus faible voir parfois quasi inexistante, alors que la contamination interne par les retombées radioactives est colossalement plus forte.



Des criminels de guerre japonais, suite au procès de Tokyo, ont aidé les USA à récupérer le trésor de guerre japonais, à partager les retours des expériences militaires chimiques et biologiques et à couvrir les recherches « in vivo » sur les conséquences de l’utilisation des armes nucléaires à l’uranium (Hiroshima) et au plutonium (Nagasaki).



A ces importants sujets, le docteur Eisuke Matsui a déjà publié un ouvrage « Peur invisible, irradiation interne ».



Le strontium 90 se substitue au calcium des os, ensuite il irradie pendant des décennies la moelle osseuse qu’ils contiennent et où naissent nos globules blancs et rouges.

Immunodéficience et leucémie sont des résultantes de la contamination interne au strontium 90.



Dans les poumons les particules ne se répartissent pas de manière homogène.



Le haut des poumons est le plus affecté, ce qui en cas de cancer pulmonaire radio induit ne permettra pas une ablation chirurgicale partielle du lobe inférieur du poumon.



Toutes les particules de diamètre inférieur à dix millionième de mètre traversent sans problème la barrière du placenta et mettent en danger le développement normal des embryons.



Cela se remarque malheureusement très rapidement par des anomalies de développement des membres.



les problèmes de santé causés par la dissémination de particules radioactives sont liés aux rejets massifs par les installations détruites de TEPCO, par les décontaminations sans aucune réelle précaution radiologique, par la contamination par dispersion volontaire des débris et gravas radioactifs à travers tout le territoire de l’archipel japonais, par les normes « optimistes » édictées par le gouvernement japonais au niveau des ressources alimentaires contaminées.



L’ensemble de la chaîne alimentaire maritime est durablement et massivement contaminée.



Dans les territoires durablement contaminés seule une évacuation sanitaire urgente pourrait permettre de sauver les enfants du risque de contamination interne, des troubles de santé liés à cette exposition radioactive permanente.



La mortalité des enfants entre 1 et 19 ans a augmenté entre 2010 et 2011 à Fukushima.



Des malformations des parois ventriculaires des embryons sont observées entre la cinquième et la huitième semaine de développement.



Les maladies infantiles et les anomalies fœtales sont en augmentation.



Il est très important de recenser toutes les atteintes à la santé et de mesurer les doses d’expositions radioactives des territoires durablement et fortement contaminés sur lesquels sont constatées ces maladies.



Malheureusement les études officielles s’arrêtent souvent à l’étude exclusive des cas de déficience thyroïdienne.



Des atteintes au génome sont constatées dans l’ensemble de la biosphère, l’espèce humaine n’a pas l’exclusivité des conséquences sanitaires des catastrophes nucléaires.



Les bovidés, qui sont des vertébrés proches des humains, voient leurs jeunes plus affectés que les adultes par la contamination radioactive.



Des sacs de déchets radioactifs résultats de décontaminations, sont stockés près des habitations provisoires des réfugiés de la catastrophe industrielle nucléaire de Fukushima.



Les mesures de la contamination de tous les aliments doivent devenir systématiques.



Les droits de l’homme sont fortement battus en brèche.



Une scandaleuse dose de 20 millisievert par an est instituée pour toutes et tous.

Le droit à la santé des femmes enceintes et des enfants est bafoué.

On recommande criminellement aux populations de retourner vivre dans des zones durablement contaminées.

Il s’agit d’un génocide technologique et bureaucratique.



En comparaison avec la situation de Fukushima, les normes adoptées à Tchernobyl par le pouvoir soviétique semblent presque « idylliques ».



Il n’y a pas de dose radioactive inoffensive.

La bonne installation nucléaire n’existe pas, ou est à l’arrêt définitivement et sans catastrophe préalable.



Nous aurions pu échanger plus longuement avec le docteur Eisuke Matsui si le journaliste Kolin Kobayashi ne nous avait pas rappelé qu’il nous fallait impérativement quitter la salle à l’heure convenue.

Pour le moment les quelques dents de lait récoltées et analysées n’ont pas donné de résultats significatifs concernant la présence de strontium 90. Il faut continuer à conserver et analyser celle-ci pour que la catastrophe de Fukushima nous permette de sauver le maximum de notre futur hypothéqué par les activités nucléaires mortifères.

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.




P.S. : Après cette importante conférence j’ai rejoins avec Étienne Servant notre ami commun Nelson Surjon pour entretenir la veille médiatique sur toutes les conséquences sanitaires et sociales de toutes les activités nucléaires par la pratique d’une réelle fraternité antinucléaire.

Madame Aline Pauchard nous a téléphoniquement passé son bonjour et fait part de ses projets.


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