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Actifs face à l’apatite

Mine Arnaud : NO !

mardi 1er octobre 2013, par Roger NYMO

Quand je pense à Sept-Îles mon cœur résonne des paroles et de la musique d’Eve Cournoyer ...

... Amie, je devrai m’en aller

Jamais je n’oublierai

Ces moments partagés ...



Je pense aussi à mes ami(e)s Québécoi(es), ainsi qu’à toutes celles et ceux que je ne connais que de manière épistolaire et électronique.

Je pense à ces jeunes de Sept-Îles qui sont à l’heureuse initiative de la manifestation contre l’abominable projet Mine Arnaud :



Il faudrait que notre ami Claude Lussier de la COOP Le Grenier Boréal et de Minganie sans uranium fasse amplement connaître les procédés de permaculture, afin que l’apatite Sept-Îlienne reste définitivement dans son sous sol, pour le bonheur de ses habitant(e)s.



Voici deux communiqués de la « Coalition pour que le Québec ait meilleure mine ! » que m’a envoyé mon ami Marc Fafard de Sept-Îles sans uranium :

Mine Arnaud à Sept-Îles : des trous financiers

Le milieu économique doit faire preuve de sérieux

Sept-Îles, jeudi 26 septembre 2013. Alors que se termine ce soir la deuxième partie des audiences du BAPE, la coalition Québec meilleure mine dénonce les trous financiers du projet Arnaud et demande au milieu économique de Sept-Îles de faire preuve de sérieux et de rigueur dans l’évaluation économique du projet. « Comment le milieu économique de Sept-Îles peut-il appuyer sans réserve le projet Mine Arnaud alors qu’aucune analyse financière n’a été rendue publique à ce jour ? Comment se fait-il que le milieu économique n’ait jamais informé la population que le Maroc contrôle 75 % des réserves mondiales, ce qui rend très vulnérable le projet Arnaud sur le plan financier à l’échelle mondiale ? », demande Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine !

La coalition Québec meilleure mine fait cet appel alors que les représentants du milieu économique ont été incapables de répondre correctement aux questions des commissaires du BAPE à ce sujet lors d’une séance hier soir. Or, une analyse des données du US Geological Survey révèle effectivement que le Maroc contrôle 75 % des réserves mondiales et pourrait facilement faire déprécier le prix mondial de l’apatite s’il décidait d’inonder le marcher. « Le gisement Arnaud représente à peine 0,05 % des réserves mondiales et serait très vulnérable au marché mondial contrôlé surtout par le Maroc et la Chine », explique M. Lapointe.

Contrairement à ce que laissent entendre Mine Arnaud et le milieu économique depuis des semaines, le US Geological Survey indique plutôt que le marché du phosphate connaîtra des croissances faibles de 1 à 2 % au cours des prochaines années et que la production mondiale sera surtout contrôlée par les gisements du l’Afrique-du-Nord (incluant le Maroc) : « The overall world demand is forecast to increase in the 1%-to-2%-per-year… World supply will be maintained from quality deposits in North Africa. » – USGS 2013 .

La coalition dénonce également le fait que Mine Arnaud a retiré toutes les données financières de l’étude de faisabilité déposée récemment au BAPE. « L’étude est truffée de dizaines de pages blanches, toutes les données financières ont été retirées. On n’a jamais vu ça pour un projet rendu à cette étape de l’analyse. C’est complètement inacceptable et hautement inhabituel. Ça expose la population à des risques encore plus grands, que ce soit sur le plan économique, social ou environnemental. Car qui dit risques financiers élevés, dit aussi risques élevés quant à la capacité réelle de Mine Arnaud de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour protéger la population et l’environnement », affirme M. Lapointe.

La coalition rappelle qu’elle a récemment déposé une plainte au Vérificateur général du Québec afin qu’il enquête sur les risques financiers du projet Arnaud à Sept-Îles. « Sur quelles bases s’appuient les analyses du milieu économique de Sept-Îles ? De toute évidence, l’analyse du milieu économique manque de sérieux » de conclure Ugo Lapointe.

La coalition a présenté un mémoire au BAPE dans laquelle elle recommande de rejeter le projet pour des raisons de sécurité, de santé et d’environnement. La coalition identifie cinq grands risques et impacts au projet qui n’ont pas été adéquatement évalués, dont ceux liés aux risques financiers du projet.

Pour information : — Ugo Lapointe, coalition Québec meilleure mine, 514-708-0134


La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une trentaine d’organismes représentant collectivement plus de 250 000 membres partout au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social, environnemental et économique.

Site : www.quebecmeilleuremine.org

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) ▪ Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) ▪ Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) ▪ Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ▪ Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ▪ Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté ▪ Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ▪ Coalition Stop Uranium de Baie-des-Chaleurs ▪ Comité de vigilance de Malartic ▪ Écojustice ▪ Eco-vigilance Baie-des-Chaleurs ▪ Environnement Vert Plus Baie-des-Chaleurs ▪ Fondation Rivières ▪ Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM ▪ Groupe solidarité justice ▪ Les AmiEs de la Terre du Québec ▪ Justice transnationale extractive (JUSTE) ▪ MiningWatch Canada ▪ Minganie sans uranium ▪ Mouvement Vert Mauricie ▪ Nature Québec ▪ Professionnels de la santé pour la survie mondiale ▪ Regroupement citoyen pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles ▪ Regroupement pour la surveillance du nucléaire ▪ Réseau œcuménique justice et paix (ROJeP) ▪ Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ▪ Sept-Îles sans uranium ▪ Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec) ▪ Société pour vaincre la pollution (SVP) ▪ Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Tous nouveaux membres bienvenus.



Bilan du BAPE sur Mine Arnaud à Sept-Îles : Pas d’acceptabilité sociale, des risques trop élevés

Sept-Îles, vendredi 27 septembre 2013. Alors que se terminaient hier soir les audiences du BAPE à Sept-Îles, la coalition Québec meilleure mine conclut qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale face au projet de Mine Arnaud. « Le projet est trop proche de la population, trop proche de la Baie-de-Sept-Îles (eaux du fleuve) et trop risqué. Mine Arnaud a présenté un projet mal ficelé, avec des risques et des impacts mal évalués, même sur le plan économique. Mine Arnaud échoue non seulement le test de l’acceptabilité sociale, mais aussi ceux de l’acceptabilité environnementale et de l’acceptabilité économique du projet » affirme Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine, qui a passé les derniers jours à Sept-Îles.

Un sondage Léger dévoilé plutôt cette semaine révèle que près de la moitié des Sept-Îliens rejettent déjà le projet, alors que les deux tiers sont inquiets des impacts pour l’environnement, l’eau, l’air et la santé.

Une mobilisation exceptionnelle La coalition Québec meilleure mine tient à féliciter les citoyens de Sept-Îles pour leur mobilisation exceptionnelle et les encourage à poursuivre leur mobilisation dans les semaines et mois à venir. « Plus de 150 personnes ont déposé des mémoires au BAPE, plus de 400 personnes ont marché dans les rues de Sept-Îles samedi dernier et plus de 5000 demandent présentement un référendum sur le projet : c’est une mobilisation rarement vue face à projet minier au Québec, surtout dans une région minière » affirme M. Lapointe.

« Cette mobilisation confirme que nos concitoyens ne pensent pas juste à l’argent ; ils pensent aussi à leur santé, à leur environnement et à leur qualité de vie. C’est dans ces moments que je suis fière d’être Sept-Îlienne et fière de mon milieu de vie » affirme Louise Gagnon, du Regroupement pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles.

« Nous avons suivi les audiences du BAPE à distance, depuis Malartic. Nous avons été très impressionnés par la mobilisation des gens de Sept-Îles et la très grande qualité de leurs interventions. Ne faites surtout pas la même erreur que nous ! Ne sacrifiez pas votre ville et votre magnifique milieu de vie pour une mine à ciel ouvert. Vous avez la chance de pouvoir compter sur un tissu social et des opportunités économiques fort différentes des nôtres » affirme Me Nicole Kirouac, avocate et personne-ressource du Comité de vigilance de Malartic.

Le Comité de vigilance de Malartic met également en garde les Sept-Îliens contre les nombreuses « promesses » que fait Mine Arnaud concernant tous les « suivis » qu’elle ferait si elle allait de l’avant. « Dans la vrai vie, si ce n’est pas écrit dans un contrat, ces promesses partent en fumée dès que la minière obtient ses autorisations. Puis les trois quarts des recommandations du BAPE n’ont jamais été appliquées ici à Malartic. Ce n’est pas pour rien que le Vérificateur général du Québec a demandé à trois reprises depuis 2009 (après notre BAPE en 2008-09 !) de réformer l’encadrement minier. Mais ça n’a toujours pas été fait » prévient Me Kirouac.

La coalition tient également à offrir toute sa compassion et son soutien moral aux personnes qui vivent déjà des détresses psychologiques en lien avec le projet. Les témoignages très émotifs vus cette semaine devant le BAPE ne représentent sans doute qu’une fraction de ceux qui vivent déjà ce type de problèmes.

Demande au BAPE de rejeter le projet

Lors d’une présentation chaudement applaudie par une salle bondée mardi soir dernier, 24 septembre, la coalition Québec meilleure mine a recommandé au BAPE de rejeter le projet. Tout comme une majorité d’intervenants qui ont témoigné devant le BAPE cette semaine, la coalition demeure très insatisfaite des évaluations environnementales réalisées par Mine Arnaud à ce jour. Les risques de glissement de terrain, l’absence d’étude d’impact sur la Baie-de-Sept-Îles (eaux du fleuve), la santé des populations touchées et les risques d’agrandissement du projet sont au cœur des préoccupations des citoyens et de la coalition (voir le mémoire).

Plus tôt cette semaine, la coalition a également porté plainte au Vérificateur général afin qu’il enquête sur les risques financiers du projet. « La récente étude de faisabilité déposée au BAPE est truffée de dizaines de pages blanches, toutes les données financières ont été retirées. On n’a jamais vu ça pour un projet rendu à cette étape de l’analyse » dénonce M. Lapointe.

La coalition demande également au milieu économique d’expliquer sur quelles bases ils appuient le projet minier Arnaud alors que les données financières n’ont jamais été dévoilées. De plus, on apprenait cette semaine que le Maroc contrôle 75% des réserves mondiales de phosphates de qualité, ce qui rend très vulnérable le projet Arnaud si le Maroc décide de baisser ses prix ou inonder le marché avec sa phosphate.

Le projet en bref Si elle voyait le jour, Mine Arnaud deviendrait la plus grande mine à ciel ouvert jamais exploitée en milieu habité au Québec, avec une fosse à ciel ouvert de 3,7km de longueur, 800m de largeur et 250m de profondeur (dont 150m sous le niveau de la mer). Les installations minières seraient situées à 500 mètres des plus proches résidences et de la Baie-de-Sept-Îles (eaux du fleuve) et à 7km du centre-ville de Sept-Îles. Le projet génèrerait près de 500 millions de tonnes de résidus miniers et de stériles, affecterait l’équivalant de 5000 terrains de football, rejetterait plus de 30 000 tonnes de poussières dans l’air, ainsi que de 20 à 30 millions de litres d’eau contaminée dans les eaux de surface ou souterraines chaque jour. Le projet nécessiterait la construction d’un immense parc à résidus miniers et d’un immense réservoir d’eau de polissage (250 millions de litres, avec une capacité totale de 1,8 milliards de litres), le tout situé en hauteur (50 à 150 mètres) par rapport aux zones habitées, à la Baie-de-Sept-Îles et aux infrastructures publiques (dont la route régionale 138). Le projet génèrerait quelque 300 emplois directs pendant 28 ans. Aucune étude de viabilité économique avec les risques financiers n’est disponible à ce jour.

Pour information :

  • Ugo Lapointe, coalition Québec meilleure mine, 514-708-0134
  • Louise Gagnon, Regroupement pour la sauvegarde de la Baie-de-Sept-Îles, 418-968-1247
  • Me Nicole Kirouac, personne-ressource Comité vigilance de Malartic, 819-354-1911

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une trentaine d’organismes représentant collectivement plus de 250 000 membres partout au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social, environnemental et économique. Site : www.quebecmeilleuremine.org.

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) ▪ Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) ▪ Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) ▪ Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ▪ Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ▪ Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté ▪ Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ▪ Coalition Stop Uranium de Baie-des-Chaleurs ▪ Comité de vigilance de Malartic ▪ Écojustice ▪ Eco-vigilance Baie-des-Chaleurs ▪ Environnement Vert Plus Baie-des-Chaleurs ▪ Fondation Rivières ▪ Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM ▪ Groupe solidarité justice ▪ Les AmiEs de la Terre du Québec ▪ Justice transnationale extractive (JUSTE) ▪ MiningWatch Canada ▪ Minganie sans uranium ▪ Mouvement Vert Mauricie ▪ Nature Québec ▪ Professionnels de la santé pour la survie mondiale ▪ Regroupement citoyen pour la sauvegarde de la grande baie de Sept-Îles ▪ Regroupement pour la surveillance du nucléaire ▪ Réseau œcuménique justice et paix (ROJeP) ▪ Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ▪ Sept-Îles sans uranium ▪ Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec) ▪ Société pour vaincre la pollution (SVP) ▪ Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Tous nouveaux membres bienvenus.



Ce mardi premier octobre 2013, j’ai lu sur le réseau social « facebook » un excellent résumé de la situation dans laquelle se trouve la lutte locale contre le projet mortifère de mine d’apatite à ciel ouvert à Sept-Îles.

Ce résumé a été rédigé par monsieur François Harvey, reporter et porte-parole du Mouvement des Québécois.

Le voici :

MINE ARNAUD : AU BAPE DE FAIRE ENTENDRE SA VOIX

SEPT-ÎLES, QUÉBEC, le mardi 1 octobre 2013. Beaucoup d’indices permettent d’espérer que le projet d’exploitation d’une gigantesque mine d’apatite à ciel ouvert dans le canton Arnaud, à Sept-Îles, n’atteindra pas la note de passage au Bureau des audiences sur l’environnement qui vient de terminer treize journées de rencontres avec la population de Sept-Îles et les Innus de Maliotenam. Concernant ces derniers, rencontrés samedi par les gens du BAPE, le projet de Mine Arnaud entre en contradiction avec les mœurs ancestrales des Innus de la Côte-Nord habitués à chasser, pêcher et trapper dans le territoire convoité par la minière. Étant données les importantes lacunes présentes dans l’information diffusées par Mine Arnaud, le Conseil de Bande a demandé que ce projet n’ait tout simplement pas lieu.

Mine Arnaud veut creuser une fosse de quatre kilomètres par un kilomètre, à huit cents mètres de la baie de Sept-Îles et à sept kilomètres de son centre-ville. La mine aura sept cents pieds de profondeur, dont cinq cents sous le niveau de la mer. Elle sera entourée d’une digue et rejettera chaque jour des milliers de litres d’eau radioactive et chargée de beaucoup de métaux directement dans le fleuve. La minière a admis devant le BAPE que des milliers de litres d’eau s’échapperont aussi sans traitement sous les cellules de résidus pour aller rejoindre la rivière Hall qui coule non loin de là ; on y retrouve une ZEC, mais il est bien évident qu’elle devra être relocalisée si le projet se réalise car les eaux de la rivière et du lac Hall seront irrémédiablement contaminés par les rejets de Mine Arnaud.

Le sol où veux s’installer Mine Arnaud en est un à ce point instable, à cause de la présence d’argiles marins, que la municipalité de Sept-Îles n’octroie plus de permis de construction sur ce type de sol dans le secteur. C’est donc sur un sol dangereux que Mine Arnaud veut établir ses digues et ses barrages. Elle utilisera le ruisseau Clet qui traverse le territoire convoité pour évacuer près de vingt millions de litres d’eau dont elle aura besoin chaque jour. Ces eaux seront traitées, mais on ne sait pas encore comment. Et puis Sept-Îles n’est pas à l’abri des rigueurs du temps ni des séismes et on ignore ce qu’emporteront les eaux du ruisseau Clet par journées de grandes pluies, par exemple, ni s’il aura la capacité d’évacuer toutes les eaux qui s’accumuleraient alors dans la mine.

Mine Arnaud n’a pas été capable de démontrer que le niveau de poussières dégagées par les travaux d’exploitation minière seront acceptables. En fait, les modèles déposées par Mine Arnaud devant le BAPE ne satisfont ni celui-ci, ni les ministères fédéraux de la Santé et de l’Environnement, ni la santé publique de la Côte-Nord ni plusieurs médecins de Sept-Îles. Ils reflètent tout simplement un degré de concentration de poussières dans l’air trop élevé mais encore inconnu, malgré toutes les mesures d’atténuation qu’entend prendre la minière.

Mine Arnaud sera protégée par des digues ; la route 138 passe à proximité, des gens vivent dans leurs maisons sous l’endroit où on veut implanter la mine et accumuler les résidus et la mer, qu’arrivera-t-il si les digues cèdent sous une forte pluie ou si elles sont endommagées par un tremblement de terre comme celui qui s’est produit à Sept-Îles le 21 septembre dernier ? Ou si un glissement de terrain, comme cela survient souvent dans les sols argileux, venait à survenir ? Qu’arriverait-t-il aux gens qui vivent entre le site de la mine et la mer et qui, dans cette éventualité, ne disposeraient que de quelques instants pour évacuer leurs maisons et quitter le secteur ? Il faut aussi penser à l’approvisionnement en eau des industries à l’ouest de la mine.

Mine Arnaud n’a pas non plus été capable de faire la preuve de sa viabilité économique. Au moment de sa mise en opération, Investissements-Québec injectera soixante-huit pour cent des sept-cents-cinquante millions de dollars nécessaires à la réalisation du projet. La Société d’État contrôlera soixante-huit pour cent des actions de Mine Arnaud ; la société norvégienne YARA, une filiale de Norsk-Hydro, détiendra le reste des participations. Une fois l’étape d’aménagement de la mine complétée, ce qui devrait prendre une année environ, la proportion de cette propriété sera inversée ; ce sera YARA qui sera propriétaire de soixante-huit pour cent de la mine, le reste allant à Investissements-Québec. C’est donc dire que nous, les contribuables québécois, auront mis la table à nos frais à une minière étrangère qui exploitera nos minerais à son bénéfice, notre participation, énorme, ayant été de creuser pour YARA un énorme trou en milieu urbain pour qu’elle engrange des profits encore inconnus.

Il y a beaucoup d’apatite dans le sous-sol du Canton Arnaud. On en tire du phosphate, dont on fait des fertilisants pour le milieu agricole. Le Maroc est le premier producteur de phosphate au monde ; c’est ce pays qui décide du prix du phosphate. Mine Arnaud sera aussi vulnérable aux fluctuations du marché que l’a été la Saskatchewan qui a vu en août dernier le prix de sa potasse chuter de vingt-cinq pour cent en une journée. Si le Maroc choisissait pour une raison ou une autre d’abaisser les prix de son phosphate, Mine Arnaud ne résisterait pas devant pareille concurrence. La roche phosphatée de Mine Arnaud ira notamment dans les champs de la multinationale Monsanto pour y fertiliser les organismes génétiquement modifiés que créent cette société. On veut aussi tirer du magnétite titanifère, des terres rares, et de la rocaille du site dont Mine Arnaud n’entrevoit pas la réhabilitation une fois la phase d’exploitation terminée.

Les gens de Sept-Îles sont soucieux de leur qualité de vie et de la protection de leur environnement, et ils se sont opposés en masse contre le projet Mine Arnaud. Plus de cent-quarante mémoires ont été déposés devant le BAPE, du jamais vu dans l’histoire de cet organisme. On ne compte plus les individus et les groupes qui sont venus exposer leurs craintes et leur opposition à ce projet devant le Bureau des audiences publiques sur l’environnement. Il y a eu une manifestation de cinq cents personnes le 21 septembre dernier, et la mobilisation citoyenne demeure extrêmement vigilante quant à ce projet, le seul projet inclus dans le Plan Nord de Jean Charest qui demeure encore sur la table à dessin.

Le BAPE a maintenant deux mois pour remettre son rapport, et le Conseil des ministres une période équivalente pour arrêter sa décision. C’est donc dire que la bataille de Mine Arnaud n’est pas terminée et que la plus grande vigilance demeure de mise.

François HARVEY, reporter et porte-parole du Mouvement des Québécois.

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Voir en ligne : Coalition pour que le Québec ait meilleure mine !

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