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Tout va très bien

La France à deux vitesses

vendredi 25 octobre 2013, par Roger NYMO

Ce vendredi 25 octobre 2013, Monsieur Guillaume Pepy, Président de la SNCF, a reçu le Premier Ministre Monsieur Jean-Marc Ayrault, ainsi que son ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, Monsieur Michel sapin, à la gare d’Ermont Eaubonne dans le Val-d’Oise.

Cet exercice de communication s’est remarquablement bien déroulé.



Après avoir présenté succinctement les emplois d’avenir au sein de la SNCF, Monsieur Guillaume Pepy a laissé la parole au Premier Ministre afin qu’il puisse nous expliquer que les mauvais chiffres du chômage de septembre dernier étaient liés à un bug antérieur, donc l’augmentation du chômage décroit plus rapidement que prévu, la reprise est là !



Heureusement pour le véritable changement maintenant, c’est dimanche prochain !



En effet, à trois heures du matin, il sera exactement deux heures, et nous gagnerons donc une heure de sommeil socialiste national.



Nous n’avons pas eu droit à une averse de copeaux de langue de bois, il bruinait juste agréablement des souches.



Progressivement nos intervenants principaux se sont détendus, ainsi que Monsieur le Préfet du Val-d’Oise.



Les comédiens sont bons, chacun dans son rôle, qui sa décoration, qui son uniforme, qui son bronzage de mi-octobre, qui dans le pur et jeune bonheur d’un emploi fixe.



Ce 500e emploi d’avenir SNCF est jeune, féminin, et non dénué d’un charme oriental.



Serrons-nous la main !



Deux Frances peuvent dorénavant cohabiter sans aucune interaction.



Une France à grande vitesse, constituée de maîtres et d’esclaves du salariat, et une France à la traîne, abonnée à la précarité, et constituée en partie de salarié(e)s pauvres et de personnes exclues, avec ou sans allocation.



La France TGV ordonne et obéit, assène une vérité préfabriquée à des subordonné(e)s qui l’écoutent en silence et la laissent dégouliner vers le bas.



La France à la traîne, absorbée par sa survie, n’a plus le loisir d’exercer sa liberté d’expression, elle se tait par défaut, et exceptionnellement pousse un cri collectif ou individuel, quand cela fait vraiment trop mal.



Tous étaient assez satisfaits de n’avoir pas à côtoyer un ou des exité(e)s, qui auraient pu délirer bruyamment sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny, sur la protection des espèces endogènes à Notre-Dame-des-Landes, ou sur le vital arrêt des activités nucléaires.



La foule qui accueillait Monsieur le Premier Ministre était essentiellement constituée de cheminot(e)s et d’employé(e)s des médias de masse.



De ces côtés là, il n’y avait strictement rien à craindre.



Celles et ceux d’en bas sont authentiques.



Ils acceptent les mensonges d’en haut par nécessité, leur silence n’est pas complice, il peut-être par contre comme celui qui précède une tempête.



Monsieur Guillaume Pepy sait pourquoi il est encore Président de la SNCF, il raccompagne avec déférence le Premier Ministre Monsieur Jean-Marc Ayrault jusqu’à son véhicule.



On arrive en train, on repart en voiture.



Midi pile, le planning est parfaitement respecté.



En avant ! Le convoi s’ébranle.



Une fois le besoin d’image du Premier Ministre assouvi , c’est au tour du Président de la SNCF de rejoindre ses ouailles.

Ne négligeons jamais la communication interne et ses messes intimes.



J’ai pu remarquer que dans les gares de la ligne H, il ne manquait aucun boulon sur les traverses bois ou béton.

Il semblerait que des opérations d’entretien aient été réalisées récemment dans ce but.



Monsieur Guillaume Pepy rentrera sur Paris dans le même train de banlieue que moi, après avoir accordé une petite interview à une chaîne locale du Val d’Oise.

N’en doutons pas, la masse silencieuse, terrée derrière les yeux de verre des modernes cyclopes, écoutera d’un micro distrait le ronron de ce non-évènement, qui satisfera, après montage, à l’orthodoxie de la liturgie consensuelle des messes médiatiques.

Tout va très bien.


Voir en ligne : Réseau Zéro Nucléaire (RZN)

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