Solidarités AntiNUcléaires
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Gestion Centrale

La bourse et la vie.

mercredi 15 octobre 2014, par Philippe BILLARD, Roger NYMO

Philippe Billard, syndicaliste, sous-traitant de l’industrie nucléaire, président de l’association Santé sous-traitance Nucléaire-Chimie, fait le point dans un courriel ouvert sur sa situation d’absence autorisée payée au sein de la filiale ENDEL du groupe GDF SUEZ.



Voici le courriel du syndicaliste Philippe Billard ainsi que ses pièces jointes, afin que toutes et tous, nous ayons une idée plus précise du traitement réservé aux représentants des travailleurs qui ont le soucis premier de préserver le capital santé des salarié(e)s.

Salut à toutes et tous,

Au mois de juillet 2014, le médecin du travail m’a déclaré inapte au poste de mécanicien que j’occupais en partie sur l’agence ENDEL/GDF/SUEZ de Notre-Dame-de-Gravenchon. L’autre partie de mon poste consiste à gérer la logistique de cette agence, poste pour lequel, le médecin du travail m’a déclaré apte.

ENDEL m’a interdit aussitôt de travailler, au prétexte de l’inaptitude de mécanicien, et m’a assigné à domicile en me pointant en absence autorisée payée.

ENDEL prétend ne pas vouloir me punir financièrement, en pièces jointes vous trouverez mes bulletins de paie de juillet 2014 et de septembre 2014, pour réaliser la différence entre ce que je touchais en travaillant en juillet 2014, avec ce que j’ai touché en septembre 2014, en étant interdit de travailler.

Pour la logistique, je touche une prime journalière de 10.91 euros qui a aussitôt été supprimée par le Directeur des Ressources Humaines de ENDEL, dès mon inaptitude au poste de mécanicien médicalement établie, de ce fait, je n’ ai pas touché cette prime en juillet 2014 ainsi qu’en août 2014.

Vous comprendrez qu’ENDEL est, une fois de plus, aux petits soins avec moi.

J’ai malheureusement déjà vécu cette situation de mise à l’écart du travail, afin de me punir financièrement, de mai 2006 à janvier 2009.

Il aura fallu que j’aille jusqu’aux prud’hommes pour pouvoir les obliger à me donner du travail.

Pendant toute cette longue période, j’ai perdu l’équivalent de 700 euros par mois.

32 mois à 700 euros faites le calcul.

Il y a eu heureusement à cette époque un élan de solidarité qui m’a permis de tenir le coup, mais aussi deux crédits à la consommation, car je ne pouvais pas priver mes enfants malgré les frais d’avocat réglés par la fédération CGT de l’énergie.

Actuellement la perte mensuelle est d’environ 800 euros.

Avec 14 ans d’ancienneté dans la société ENDEL, je touche 1400 euros net quand je ne travaille pas. Le reste de mon salaire étant constitué de primes, mais bon, ça va, monsieur Gérard Mestrallet, le PDG du groupe GDF SUEZ dont ENDEL est une filiale, ne touche que 1,4 millions d’euros par mois, sans les primes bien sûr.

J’ai repris des mandats de représentant du personnel au comité d’établissement, et aussi au comité d’hygiène et de sécurité.

Ma situation actuelle, tout comme la précédente, est malheureusement en lien direct avec l’exercice de mes mandats.

Je ne sais pas combien de temps ENDEL va me laisser sans travail, mais une chose est sûre, je ne suis pas inapte sur mes mandats de représentant du personnel, ce qui me permet de faire le travail pour lequel les salariés m’ont élu.

La santé est le capital le plus important pour chaque salarié, je continuerai, avec mes collègues de la CGT à combattre toutes les atteintes faites à ce vital capital.

Il est évident que cela ne plait pas aux industriels de la chimie, du pétrole, de la pharmacie, du nucléaire, car ils ont mis sciemment en place la sous-traitance pour ne plus être incommodés par les problèmes de santé de leurs salarié(e)s.

Ces petits crimes entre industriels pourraient décrire assez bien l’état actuel du monde du travail dans les secteurs industriels précités.

La lutte continue.

A plus.

Philippe Billard


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Bulletin de paie juillet 2014
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Bulletin de paie septembre 2014

Ce lamentable état actuel du monde du travail dans les filières dangereuses et durablement mortifères des activités industrielles de notre pays laisse mal augurer de notre avenir commun au niveau sanitaire et social.

Pour avoir une idée plus précise de cette vitale et scandaleuse situation, vous pouvez réécouter ce qu’en disait Philippe Billard, il y a aujourd’hui presque trois années :

Une transition catastrophique nous pend au nez ?

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Un appel à soutien contre la répression à l’encontre d’un militant syndical a été rédigé conjointement par les associations Henri Pézerat et Santé Sous-traitance Nucléaire Chimie :

Appel à soutien contre la répression à l’encontre d’un militant syndical.

15 octobre 2014

Nous nous adressons à toutes les personnes sensibles à la défense du droit à la santé des travailleurs pour vous demander de soutenir Philippe Billard, salarié normand de Endel, entreprise spécialisée dans la maintenance nucléaire, chimique et pétrochimique.

Travailleur sous-traitant depuis trente ans, Philippe Billard subit, de la part de son employeur, depuis des années, des formes plus ou moins déguisées de discrimination syndicale. Délégué du personnel et membre du CHSCT pour la CGT, ce militant syndical et associatif a déjà fait face à plusieurs procédures de licenciement, bien qu’il soit salarié protégé. Elles ont toutes essuyé un refus de l’Inspection du travail d’abord puis du Ministère du travail et du Tribunal administratif de Versailles. Philippe Billard a donc été réintégré, mais s’est vu interdire le secteur nucléaire où il était pourtant employé depuis une vingtaine d’années. Coupé de son collectif de travail, sans possibilité d’intervenir sur les chantiers avec ses collègues, il n’a pas pour autant abandonné son combat pour des conditions de travail, de salaire et de vie conformes au droit du travail. Il a lancé plusieurs alertes, contre la présence d’amiante sur des chantiers, ou encore contre la contamination au nickel dans son atelier. A travers l’association « Santé Sous-traitance Nucléaire-Chimie », Philippe apporte également son appui à des travailleurs engagés dans des procédures de reconnaissance en maladies professionnelles de leurs pathologies, travailleurs sous-traitants, mais aussi agents EDF et épouses d’agents EDF décédés.

Parce qu’il a osé soulever les problèmes de santé au travail, parce qu’il n’a pas accepté les transactions visant à le faire quitter l’entreprise, Philippe se trouve maintenant privé de boulot et d’une partie de son salaire. En pièce jointe de ce message, Philippe décrit cette dernière affaire, feuilles de paie à l’appui.

Acculer financièrement les militants, voilà une méthode couramment employée. Dans un contexte de précarisation généralisée des conditions de travail et de vie, il s’agit de dissuader celles et ceux qui se mobilisent contre la mise en danger de la vie et de la santé des travailleurs.

Un des effets de la sous-traitance est l’éclatement des collectifs de travail, le recul syndical, et la difficulté à se défendre face à des conditions de travail le plus souvent dégradées. Or, tout en étant soumis à un processus de précarisation, les travailleurs sous-traitants sont aussi les plus exposés aux risques industriels. Dans un combat qui révèle bien souvent une profonde tension entre les objectifs productifs et ceux de la préservation de la santé et de l’environnement, Philippe vit les contradictions qui traversent tant les collectifs de travail que les organisations syndicales soumis à cette tension. Il a besoin du soutien de tous.

Les associations Henri Pézerat et Santé Sous-Traitance appellent à soutenir Philippe Billard afin de rendre possible la poursuite de la lutte qu’il a engagée.

Soutien à adresser à l’ordre de l’association Henri Pézerat (C° Nicole Voide, 21 rue du Commerce, escalier 5, 94 310 - Orly) en ajoutant la mention « soutien au combat de Philippe Billard pour la santé des travailleurs sous-traitants ».

Contacts : Annie Thébaud-Mony : 06 76 41 83 46 ; Philippe Billard : 06 14 79 44 66

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Appel à soutien contre la répression à l’encontre d’un militant syndical.

La mort du jeune naturaliste Rémi Fraisse, assassiné sur la ZAD du Testet, m’a fait négliger la lecture de mes courriels durant plusieurs jours.

C’est donc avec retard que je publie ici les suites du rassemblement en soutien au délégué syndical Philippe Billard lancé par la CGT :


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Voici le courriel de notre ami Philippe Billard qui accompagnait l’article ci-dessus :

Salut à toutes et tous,

Ce mercredi 29 octobre 2014 plus d’une centaine de militants répondaient à l’appel de la CGT pour me soutenir. cette mobilisation a eu lieu devant les grilles de ma boite à Lillebonne.

Se tenait ce jour, la réunion des délégués du personnel de ENDEL Haute-Normandie où la direction de cette agence du groupe GDF/SUEZ présentait ses démarches de reclassement suite à l’avis d’inaptitude émis par le médecin du travail le 23 juillet 2014.

Une prise de parole de Dominique Valette, secrétaire de l’UL Lillebonne et de Régis Gasse, rappelait le soutien de toute la CGT normande dans ce dossier et rappelait aussi que si l’on touche à un militant CGT, on touche à toute la CGT.

Quant à moi, j’ai pris aussi la parole pour remercier tout ces militants venus m’apporter leur aide, rappeler mon passé dans le groupe GDF/SUEZ, mon présent, qui est identique à mon passé, c’est à dire un vécu de 14 ans de discrimination, mise à l’écart, rappeler aussi qu’il était temps que ce harcèlement s’arrête. J’ai remercié aussi tout le monde pour les chèques reçus en soutiens financiers, Annie et l’association Henri PEZERAT et lu le soutien de Annie.

Les postes proposés par la direction sont :

Approvisionneur dont deux propositions dans le nord et une la Défense Nanterre.

Magasinier à Toulouse.

Conseiller distributeur clientèle GRDF Mont Saint-Aignan.

La direction se félicite de cette démarche et ira jusqu’à dire qu’elle s’étonne qu’elle propose autant de poste.

Ce n’est pas l’avis des délégués présents autour de la table qui demandent plus de recherches notamment sur la Normandie, dans l’éolien offshore, et aussi pourquoi je suis toujours interdit de travailler pour l’agence de Saint-Valéry-en-Caux qui travaille principalement pour le nucléaire.

Pas de réponse de la direction pour Saint-Valéry. J’irai jusqu’au bout pour leur faire dire que c’est le client qui ne veut pas de moi dans ses usines atomiques.

La direction est gênée sur ce point et ne dira rien.

Quant aux recherches sur l’éolien, elle dit qu’elle le fera.

Une chose importante : la direction indique qu’elle est au bout de ses recherches, et il faudra faire sortir les mots de la bouche de cette direction pour entendre qu’une procédure de licenciement prendra effet si je ne prend pas un des cinq postes proposés.

Une demande de suspension de séance est demandée, nous sortons annoncer les propositions aux militants restés dehors. Les premiers mots qui fusent : ils se foutent de notre gueule, une boite de cette taille qui ne trouve que cinq postes alors que certains diront qu’il y a du travail chez eux pour moi car ENDEL s’y trouve.

Quoi qu’il en soit, les militants présents demandent à faire passer le message suivant à notre direction : s’il n’y a pas plus de propositions de faites, plus aucun salariés de ENDEL ne rentrera dans leurs boites, la CGT les en empêchera.

Le message est passé à la direction. Je vous laisse deviner leur tête.

Les délégués émettent un avis positif pour le poste de GRDF, et sans avis pour les quatre autres postes. L’avis est motivé par notamment un maintien de la protection des mandats actuel que le RH dira en ce impossible car il doit s’agir d’un accord d’entreprise fait en CCE, le retour chez ENDEL si le poste de GRDF ne convient pas, maintien et réajustement de mon salaire, la formation à ce poste.

Pour ma part, j’ai demandé au RH un rendez-vous pour voir en quoi consiste le poste et j’ai insisté pour des propositions sur l’éolien offshore du Tréport.

Je tiens à remercier tous les soutiens que je reçois dans cette lutte, financiers et moraux.

Je vous dis à toutes et tous, merci.

Et merci à tous les syndicats déterminés à ce que cette boite trouve une solution rapidement et stoppe son harcèlement à mon égard.

C’est à ce groupe d’éviter maintenant que les syndicats ne passent aux actes de blocage.

Je ne manquerai pas de vous indiquer ce qui se passera dans les prochains jours.

à plus.

Philippe Billard

Merci Philippe.

La lutte continue ...

Voir en ligne : Santé sous-traitance Nucléaire-Chimie

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