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Omissions Nucléaires Universelles

Nucléaire : « L’ignorance c’est la force ! »

mardi 10 novembre 2015, par Roger NYMO

« La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force. »

George Orwell

« L’Agence s’efforce de hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. »

Agence Internationale de l’Énergie Atomique

J’attendais avec impatience ce lundi 9 novembre 2015, date de la conférence inaugurale du COllège International du Nucléaire (COIN), qui s’intitulait :


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Cliquez sur l’image pour télécharger le document PDF du livret.

La salle était pleine, et l’accueil très convivial, j’imaginais sans peine tout le travail que cette organisation représentait en amont, pour monsieur Thierry RIBAULT, et mesdames Cécile ASANUMA-BRICE , et Annie THÉBAUD-MONY.

Un coup de chapeau à l’ensemble des traducteurs, car cette conférence se tenait simultanément en anglais, en français, et en japonais.


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Monsieur Thierry RIBAULT, chercheur, CNRS-CLERSE-Université de Lille 1.

Peu après 10h00 du matin, monsieur Thierry RIBAULT, chercheur, nous a expliqué les origines d’ICON (International COllege of Nuclear), et pourquoi il lui semblait important de comprendre comment était produite l’ignorance du grand public vis-à-vis du danger sanitaire que représentent les doses de radioactivité dites faibles.

J’étais heureux de constater que toutes les personnes intervenantes étaient toutes des chercheurs de haut niveau dans les domaines de la biologie, de la biophysique, ou des sciences sociales.

Aucun ingénieur des mines, ou autres physiciens du CEA à l’horizon !


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Monsieur Keith BAVERSTOCK, radiobiologiste, ex-directeur du Radiation Protection Programme du Word Health Organisation’s Regional Office for Europe ; chercheur à la Faculty of Natural and Environmental Sciences, University of Eastern Finland, Finlande.

Monsieur Keith BAVERSTOCK, radiobiologiste, spécialiste des faibles doses, nous a expliqué l’instabilité génomique qui peut être produite par des radiations ionisantes, un stress chimique ou mécanique.

Il a aussi évoqué l’influence épigénétique des cellules stressées sur les cellules qui les environnent, influence capable de provoquer une instabilité génomique en absence de stress direct.



Monsieur Keith BAVERSTOCK a ensuite clairement dénoncé la malhonnêteté intellectuelle que représente la criminelle thèse onusienne de l’épidémie de maladie psychosociale pour expliquer les durables conséquences sanitaires et sociales constatées sur les territoires contaminés par l’explosion du réacteur de Tchernobyl, et par l’exposition chronique à de faibles doses de radioactivité ...



... Il nous aussi parlé de la dose limite de 100mSv sous laquelle aucune atteinte biologique dangereuse pour la santé ne serait envisageable, pour lui cette limite est totalement arbitraire et ne repose sur aucune études scientifiques sérieuses.

Des échanges modérés par monsieur Thierry RIBAULT ont ensuite eut lieu avec la salle avant la coupure du déjeuner. La présence d’un représentant du l’IRSN nous a permis de constater expérimentalement la différence existant entre la réalité de la communication publique de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, et son expression par un de ses membres face à un public averti.


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Madame Annie THÉBAUD-MONY, sociologue, Directrice de recherche honoraire INSERM, chercheur au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle (GISCOP 93), IRIS / Université Paris XIII, Bobigny, France.

Vers 13h45, madame Annie THÉBAUD-MONY, sociologue, nous a fait un exposé historique très instructif sur l’entretien du doute par les industriels aux sujets des effets toxiques du plomb, de l’amiante, dont les effets mortifères sont connus depuis l’antiquité, et des radionucléides, plus récents et malheureusement durablement dangereux.

Le criminel entretien de l’incertitude au niveau des conséquences sanitaires de l’emploi de ces matériaux sert des intérêts économiques au premier détriment de la santé des travailleurs, mais aussi plus largement de la santé de l’ensemble des populations.

Pour ce qui est spécifiquement du domaine nucléaire, madame Annie THÉBAUD-MONY nous a indiqué que les seules études institutionnelles réalisées sur les conséquences sanitaires des installations nucléaires portaient sur les seuls personnels statutaires d’EDF.

Malheureusement, ce sont les personnels sous traitants qui exercent les tâches les plus dangereuses, et qui sont les plus exposés aux radiations ionisantes, et aux mortelles contaminations, dont ils peuvent accidentellement faire « profiter » toute leur famille.

Pour ces personnels et leurs familles, aucune étude, ni suivi sérieux ne sont réalisés, ni même envisagés.


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Monsieur Toshihide TSUDA, épidémiologiste, Professeur d’épidémiologie environnementale, Department of Human Ecology, Graduate School of Environmental and Life Science, Univesité de Okayama, Japon.

Monsieur Toshihide TSUDA, épidémiologiste, nous a présenté l’étude réalisée par son groupe de recherche (épidémiologie, Université d’Okayama) au sujet de l’inquiétant accroissement du nombre de cancers au Japon suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima.



En se basant sur des mesures réalisées par échographies, le bilan des cancers thyroïdiens dans la région de Fukushima suit malheureusement la progression de l’inquiétante courbe d’accroissement des cas réalisée suite à la catastrophe de Tchernobyl.



Le professeur Toshihide TSUDA, s’insurge contre la mauvaise foi de certains des détracteurs de son étude, qui veulent voir dans l’augmentation actuelles des tumeurs détectées par échographie au Japon, le signe d’une amélioration des moyens techniques de détection.

Il n’est est rien, car comme le professeur Toshihide TSUDA l’atteste, il détectait, antérieurement à la catastrophe de Fukushima, des vaisseaux sanguins prostatiques de 2 mm de large, alors qu’aujourd’hui ce sont uniquement les tumeurs thyroïdiennes de plus de 5 mm qui sont l’objet d’un recensement.

Au passage, le professeur Toshihide TSUDA porte sur la limite de dose de 100 mSv, le même implacable jugement scientifique et sans appel, que celui porté précédemment par le radiobiologiste Keith BAVERSTOCK.


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Discussion à propos de la présentation du professeur Tsuda. L’augmentation des cas de cancers thyroïdiens après Fukushima sont le résultat des radiations ionisantes ou uniquement l’incidence normale de ce type de cancer découverte par le dépistage ?

L’intervention de monsieur Dillwyn WILLIAMS, Professeur émérite d’hystopathologie, a porté sur les critiques méthodologiques de l’étude du professeur Toshihide TSUDA.


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Monsieur Dillwyn WILLIAMS, Professeur émérite d’hystopathologie à l’Université de Cambridge : Senior Research Associate, Department of Public Health, Université de Cambridge, Royaume Uni.

Un désaccord au sujet des chiffres d’incidence du cancer de la thyroïde et de leur interprétation, a fait malheureusement proposer au professeur Dillwyn WILLIAMS, de ne plus consacrer de budget à la détection préventive des cancers de la thyroïde à Fukushima, car il la juge inutile, car correspondant à l’incidence normale de ce type de cancer au Japon.



Les mensonges médiatiques sont toujours consensuels, par contre la science en marche est souvent polémique, car le vrai savoir nait toujours de la confrontation des idées.



Le professeur Toshihide TSUDA a donc demandé à pouvoir intervenir en projetant de nouveau les histogrammes de l’étude de son équipe, afin de réfuter, de manière argumentée, les affirmations du professeur Dillwyn WILLIAMS.



Le tableau ci-dessus nous montre clairement que durant les quatre premières années qui suivent la catastrophe nucléaire perpétuelle de Tchernobyl, les quelques cas détectés de cancers thyroïdiens le sont chez des enfants de 7 à 17 ans, mais le plus gros contingent de victimes du cancer de la thyroïde apparait lors de la cinquième année, et est constitué majoritairement d’enfants entre 0 et 11 ans.



Madame Annie Thébaud-Mony intervient pour expliquer que sans donner tort ou raison à qui que ce soit dans cet important débat, le principe de précaution oblige à conserver un dispositif préventif de détection par échographies des possibles cancers de la thyroïde dans la région de Fukushima.



Le radiobiologiste Keith BAVERSTOCK intervient ensuite pour expliquer que scientifiquement, il est encore trop tôt pour affirmer que la courbe de l’évolution des cas de cancers thyroïdiens à Fukushima va suivre la progression catastrophique de celle des cas de Tchernobyl.



J’interviens brièvement pour dire que je pense que nous aurons peu de temps à attendre pour pouvoir donner raison à l’étude de l’équipe du professeur Toshihide TSUDA.

Le pire devrait malheureusement nous faire signe courant 2016.



Dans la salle une personne qui visiblement n’a pas compris tous les débats lance :

Aujourd’hui nous avons produit de l’ignorance !

La production du savoir nécessite des moyens financiers, les industriels et les banques décident des choix pour toutes les recherches privées, malheureusement, ils décident aussi, de plus en plus, au sujet des orientations de la recherche publique, dans la logique entrepreneuriale actuelle des pouvoirs publics .

Les médias de masse nécessitent eux aussi d’énormes moyens financiers qui proviennent des banques et des industries, via les recettes publicitaires.

Des informations sanitaires et sociales vitales sont donc opportunément omises par les médias de masse, afin de ne pas nuire aux intérêts des différents annonceurs.

Je souhaite longue vie au COllège International du Nucléaire, et à ses futures conférences, que j’espère aussi passionnantes que cette première.

En souhaitant surtout que le lobby nucléaire laisse ce COIN tranquille.

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.

Voir en ligne : International COllege of Nuclear (ICON)

3 Messages de forum

  • Omissions Nucléaires Universelles Le 11 novembre 2015 à 09:32 , par Yves Dubois

    Je préférerai ne pas avoir à me réjouir de la naissance du COllège International du Nucléaire. Dans un monde de raison nous ne devrions craindre pour nos enfants de telles menaces. Mais le fait est que le nucléaire organisé nous tient par la barbichette. Il est déjà trop tard pour agir, je le crains, et subir est tout ce qu’il nous reste. Rester vigilant, se tenir informé et trouver des parades, sont à mon avis les véritables enjeux.

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    • Omissions Nucléaires Universelles Le 11 novembre 2015 à 16:28 , par Roger NYMO

      Quand la criminelle fabrique de l’ignorance est institutionnelle, et internationale, notamment à travers l’ONU ; sa dénonciation documentée est le préalable indispensable à toutes les parades efficaces.

      En tant qu’organe de débourrage de crânes, je me réjouis de la création du COllège International du Nucléaire.

      Pour ce qui est de la vitale vigilance contre le nucléaire, continuons à exiger l’arrêt immédiat, définitif et inconditionnel de toutes les installations nucléaires, et le démantèlement immédiat et unilatéral des dangereux et dispendieux arsenaux terroristes nucléaires français.

      (http://www.facebook.com/events/494609234047684/)

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  • Omissions Nucléaires Universelles Le 22 août 2016 à 23:41 , par ybm

    La chance de pouvoir comprendre et étudier l’atome n’aurait jamais dû donner lieu à une quelconque application commerciale ou militaire. Faire chauffer de l’eau avec l’énergie cosmique, quel gâchis. Le nucléaire appartient à la création. Mais, c’est déjà trop tard. Il nous faut nous résoudre à « vivre » avec dans un chaos de plus en plus chaotique. Apprendre à se protéger... Et faire la fête ou pas. De toute façon comme le dit Orwell, l’esclavage quand il est compris comme une liberté par la force de l’ignorance. A part une révolution intérieure à chacun. Rien ne changera. Merci à l’auteur de cet article de nous rappeler la vilenie du monde « moderne ». A quand un mouvement planétaire ???? Merde ! Quand même.

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