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Bisness partout, respect nulle part !

Le sang de la Terre

mardi 30 août 2016, par Roger NYMO

Parfois une voix émerge des déserts sociaux que sont devenus les territoires défigurés par la goinfrerie mortifère des sociétés industrielles productivistes.

Il est de notre devoir de conduire les saines vibrations des cœurs tambours vers les oreilles accueillantes des cœurs vivants.

Quel nom donner au retour de cet Esprit ?



Partout des intérêts privés accaparent les colossales richesses non renouvelables des territoires, les profits générés rapidement par ces irrémédiables gaspillages mortifères, attirent les convoitises d’êtres cupides et sans scrupules qui à leur tour organisent inexorablement la corruption généralisée de tous les lieux de pouvoir.

Le cercle vicieux des abominables puissances mortifères peut être brisé par la renaissance non violente du respect sacré des équilibres naturels.

Les peuples unis ont pour alliée la Terre !


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Avant de vous faire part de l’excellente lettre ouverte de Monsieur Klee Benally, à propos du soutien officiel de la Nation Navajo à la Tribu de Standing Rock, le 24 août 2016, traduite en français par Madame Christine Prat, il faut que vous preniez connaissance de la lettre du Président et du Vice-Président Navajos au Président de Standing Rock :

Voici la traduction française qu’en a fait Madame Christine Prat :

LETTRE DU PRÉSIDENT ET DU VICE PRÉSIDENT NAVAJOS AU PRÉSIDENT DE STANDING ROCK :

LA NATION NAVAJO RUSSEL BEGAYE, PRÉSIDENT JONATHAN NEZ, VICE PRÉSIDENT

22 août 2016

Traduction Christine Prat

Président Dave Archambault II Tribu Sioux de Standing Rock P.O. Box D Fort Yates, Dakota du Nord 58538

Ref. : Pipeline d’Accès Dakota

Honorable Président Archambault :

Nous envoyons cette lettre pour faire savoir à la Tribu Sioux de Standing Rock que la Nation Navajo soutient vos actions concernant le Pipeline d’Accès Dakota. Je sais que beaucoup de Navajos sont actuellement dans le Dakota du Nord aux côtés des membres de votre tribu et d’autres. Nous recevons des rapports quotidiens de votre Peuple sur votre progression et vos courageuses actions.

La protection de vos sites sacrés et de l’eau est de la plus grande importance pour toutes les tribus, comme ça l’est pour la Nation Navajo. C’est un combat auquel toutes les tribus ont été confrontées et la Nation Navajo y a fait face et le fait encore aujourd’hui dans notre propre territoire. Je suis fier de voir tant de tribus venir soutenir vos actions parce qu’il est temps que les tribus se dressent enfin contre ces menaces pesant sur nos territoires. Nous serons entendus parce que nous sommes unis, nous ne faisons qu’un, pas en tant que Nation Tribale, mais en tant que l’ensemble des Peuples Autochtones.

Continuez le bon combat et pavez la route pour tous ceux du futur. Nous vous envoyons nos prières et nous savons que la Nation Navajo est solidaire de la Tribu Sioux de Standing Rock. De plus, en soutien à votre action, la Nation Navajo enverra de l’eau et de la nourriture pour ceux qui sont avec vous.

Respectueusement,

LA NATION NAVAJO

Russell Begaye, Président Jonathan M. Nez, Vice Président

(Source : http://www.chrisp.lautre.net/wpblog...)

Voici maintenant la lettre ouverte qu’a publié Monsieur Klee Benally, sur facebook, le 24 août 2016, en réaction à cet officiel soutien de la Nation Navajo, la traduction en français est de Madame Christine Prat :

C’est difficile de ne pas éprouver des sentiments conflictuels lorsque des politiciens de la Nation Navajo envoient un message de solidarité à la résistance au Pipeline d’Accès Dakota, tout en continuant à perpétrer la profanation et l’exploitation des ressources de terres sacrées et à en bénéficier.

Nous avons un nuage de méthane de la taille du Delaware au-dessus de nos têtes dans la région de Four Corners, et plus de 20 000 Dinés touchés par la déportation forcée liée à l’extraction de charbon de la plus grande mine à ciel ouvert d’Amérique du Nord, à Black Mesa ; alors oui, je suis sceptique.

En une déclaration géopolitique claire de comment l’exploitation des ressources est au centre de son identité nationale, le drapeau de la Nation Navajo exhibe des images d’un puits de pétrole et d’une centrale électrique.

En fait, les politiciens de la Nation Navajo ont historiquement pris position contre ceux qui défendaient les terres sacrées, à part quelques exceptions limitées (particulièrement le combat contre Snowbowl sur Dooko’ooslííd, ou la campagne actuelle pour protéger Bears Ears).

Souvenez-vous quand le Porte-parole du Conseil de la Nation Navajo, Lorenzo Bates, déclarait devant le Comité des Affaires Indiennes du Sénat U.S. que :

... la guerre contre le charbon est une guerre contre l’économie Navajo et notre capacité à agir en Nation souveraine ...

Oh oui, et en 2009, quand le président d’alors, Joe Shirley Jr. proclamait :

... Comme jamais auparavant, les militants et les organisations écologistes sont parmi les plus grandes menaces pour notre souveraineté tribale, notre autodétermination tribale et notre quête d’indépendance ...

Depuis qu’il a été imposé en 1923, le rôle du gouvernement de la Nation Navajo a été de légitimer et de maximiser l’extraction de ressources par le gouvernement des États-Unis.

D’après un rapport déposé par la Commission des Droits Civils, le conseil tribal a été « créé en partie pour que les compagnies pétrolières aient des représentants Navajos légitimes dont ils pourraient obtenir des concessions sur des terres de la réserve où du pétrole avait été découvert. »

C’est dans un contexte particulier, et les apparences changent certainement avec de nouveaux politiciens et des réformes, mais jusqu’à quel point ?

Spécialement maintenant que nous avons notre propre pipeline pour du pétrole obtenu par fracturation menaçant la Terre Diné [Diné Bikeyah].

Le pipeline de 225 km de Piñon doit transporter jusqu’à 18,25 millions de barils par an de pétrole obtenu par fracturation, à travers des terres sacrées et menace d’ouvrir la voie à plus de 500 puits de fracturation hydraulique.

Alors, où est le soutien inébranlable à la résistance à cette menace capitale pour les terres sacrées et l’eau ?

La Nation Navajo est économiquement empêtrée dans ses liens avec Peabody Energy (actuellement en faillite, mais qui fonctionne toujours) par les activités de la mine de Kayenta, et la mine actuellement dormante de Black Mesa où des millions d’objets sacrés et des restes d’ancêtres ont été profanés.

Ces activités sur Black Mesa ont précipité la déportation forcée de plus de 20 000 Dinés, bien qu’une résistance perpétuelle continue la lutte. Puis il y a la Centrale Navajo [Navajo Generating Station], Four Corners et San Juan, des centrales au charbon qui continuent d’empoisonner notre terre, notre eau et notre air, avec une pollution au carbone extrême qui cause cette crise climatique.

Il y a la Mine Navajo, que la Nation Navajo a acheté récemment à BHP Billiton. Vous vous souvenez peut-être qu’en 2003, l’Autorité de l’Énergie Diné a présenté le projet énergétique Desert Rock, une centrale de 1500 mégawatts qui devait être construite près de Shiprock, au Nouveau-Mexique, mais a finalement été mis en échec par la forte résistance de la communauté.

Il y a le Funiculaire du Grand Canyon – le projet Escalade – avec des entrepreneurs et d’anciens leaders Tribaux qui poussent le conseil de la Nation Navajo à s’engager dans ce projet de profanation de la Confluence sacrée du Colorado et du Petit Colorado près du Grand Canyon.

Et il y a Snowbowl qui après des années de batailles juridiques, de prières et d’actions directes, continue à commettre des actes de profanation de Dooko’ooslííd EN CE MOMENT, sans soutien significatif de la Nation Navajo à la résistance toujours en cours. Et que dire des accords pour acheter et cultiver des OGM de Monsanto sur le site de la firme Industrie des Produits Agricoles Navajo ?

Et qu’en est-il du projet d’’accords sur l’eau du Petit Colorado et de la Rivière San Juan (à un moment, pendant les consultations publiques, des snipers de la police Navajo étaient sur les toits ) ?

Et les tentatives actuelles d’Energy Fuels de transporter de l’uranium à travers nos terres déjà empoisonnées par l’uranium ?

Le mandat de la Nation Navajo n’a jamais été vraiment tourné vers les intérêts de protéger Notre Mère la Terre, mais à certains moments son gouvernement a été forcé de faire face à la crise identitaire de ses buts géopolitiques.

Par exemple, après des années de réclamations de la communauté, la Loi de Protection des Ressources Diné de 2005 a été adoptée pour interdire toute extraction ou traitement d’uranium sur ses terres (bien qu’il y ait toujours des milliers de mines d’uranium abandonnées, et que seulement une poignée a été dépolluées). Ou les considérations actuelles de bannir la fracturation hydraulique à l’intérieur des frontières de la Nation Navajo.

Ces moments de dissonance cognitive les ont forcé à une légère révision de leur politique et à réconcilier son orientation avec les implications culturelles de Hozhó (harmonie et équilibre) enracinées dans la protection de Notre Mère la Terre, mais tout cela est toujours extraordinairement contradictoire.

Ceci doit être compris comme un diagnostique sur un système, étant donné que ça va bien au-delà des machinations de cette seule Nation dépendante.

Pour arrêter complètement ces pipelines, nous devons aussi arrêter la machinerie politique et les systèmes qui les engendrent. Le capitalisme, le racisme, le colonialisme et l’hétéro-patriarcat sont anti-Terre et donc anti-Autochtones et par leur nature, ces systèmes chercheront à délégitimer, criminaliser, effacer, exploiter, et détruire toute vie, et toutes les vies autochtones, et les terres qui sont sur leur route.

De ce point de vue, les luttes Autochtones pour la terre et l’eau ont été ignorées par les médias dominants avant que nous n’oublions que l’efficacité et la légitimité de nos luttes n’est pas déterminée par la reconnaissance des médias dominants.

Comme il est clairement et magnifiquement démontré à Standing Rock, le pouvoir de lutter est affirmé et progresse avec et à travers nos prières, ce qui veut dire que ce pouvoir est toujours avec notre peuple et les autres êtres, en relation avec Notre Mère la Terre (et non, comme certains pourraient le dire, seulement entre les mains de politiciens Tribaux ou ONG ou autres associations à but non lucratif).

Il y a tant de choses que beaucoup d’entre nous peuvent faire effectivement en ce moment même, où que nous soyons.

La ligne de front, dans les luttes pour protéger des terres et l’eau sacrées face au colonialisme et au capitalisme d’exploitation des ressources, est partout.

Nous pouvons par exemple penser à la Montagne du Sud, à Medicine Lake, au Mont Taylor, à Red Butte, au Mont Graham, à Black Mesa/Big Mountain, aux Montagnes Chuska, à la Confluence du Grand Canyon, à la Rivière San Juan, au Mont Tenabo, Panhe, Sogorea Te, Bear Butte, Oak Flat, Hickory Ground, Topock Maze, Yucca Mountain, au Canyon de Chaco, à Mauna Kea, aux Chutes de Snoqualmie, et au-delà.

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Pas d’oubli pour le militant emprisonné depuis plus de quarante années au pays de la liberté : Monsieur Léonard Peltier !

Alors, quand nous nous rassemblons et offrons notre force et nos cœurs, quand nous cliquons et partageons, quand nous formons des caravanes et des camps, quand nous faisons des offrandes et des prières, quand nous risquons l’arrestation, ou soutenons ceux en prison, nous devons reconnaître que soutenir Standing Rock signifie défendre tous les sites sacrés.

Klee Benally, le 24 août 2016.

Traduction Christine Prat.

(Source : http://www.chrisp.lautre.net/wpblog...)

Merci Klee, merci Christine, et IDLE NO MORE !

Amitiés Solidaires & AntiNUcléaires.


P.S. : Voici ce qu’écrivait il y a trois heures seulement notre ami Eric Pététin sur son mur facebook :

PROCÈS DE PAU REPORTÉ EN NOVEMBRE 2016.

PROCÈS DE TOULOUSE LE JEUDI PREMIER SEPTEMBRE 2016 :

Le procès prévu demain matin à Pau, au sujet des graffitis sur une « belle bagnole » en exposition, a été reporté au mois de novembre, suite à une demande de mon ami Claude Garcia, qui me défend (gratuitement) depuis 25 ans.Cool.

Par contre je suis bien convoqué à Toulouse, le jeudi 1er septembre à 14h00 pour tenter d’échapper aux trois mois fermes que la justice d’Albi m’a infligé en mars dernier, pour n’avoir pas effectué les 105 heures de Travaux d’Intérêt Général (TIG) auxquels m’avait condamné la Cour d’appel de Rennes.

Puisque c’est pour l’affaire du fameux slogan « Notre Dame sera votre Vietnam » bombé sur la façade de plusieurs grosses banques du centre ville de Nantes, quelques jours avant la fabuleuse et merveilleuse manif de Réoccupation de la ZAD (17 nov 2012), ça serait sympa de venir me soutenir dans cette affaire de résistance.

ZAD PARTOUT !!! NO PASARAN !!! OH PACHAMAMA !!!

Bien sûr notre ami Pétoff, alias l’Indien, en profite pour vous appeler au rendez-vous militant ci-dessous :

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Plus d’infos sur la ZAD de Villenave d’Ornon en cliquant sur l’affiche.

Voir en ligne : Klee Benally

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