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Budapest Belgrade Conversations

Normalisation mafieuse du Saint-Pétersbourg Boy

vendredi 20 juillet 2018, par merejkowsky pierre, Roger NYMO

Visions, sous forme de chroniques, des projections de mes films « Que faire ? », « Les hommes prophétiques », « Il était une fois l’écologie », « Le casting », « Post view en Serbie ».

Le journaliste, l’éditorialiste, qui n’écrit pas dans la presse dominante, n’est pas observateur « Godardien ».



Budapest - Conversation 1 : Le Parlement

Les traces des balles tirées par les chars soviétiques sur le Parlement de Budapest ont été effacées.

Victor Urban, ex-communiste converti au nationalisme, soutient l’ex-membre du KGB en poste à Berlin-Est, Poutine, au nom de la lutte contre la dégradation occidentale, soumise, comme ils disent, à l’universalisme.

Une gigantesque photographie rappelle les bienfaits de la nouvelle technologie de Samsung à la pointe de la modernité.

Un chat traverse en dehors des clous.

Les traces des balles des chars ont été une par une recouvertes par une couche de ciment blanc.

L’insurrection de 1956, de Budapest, n’a jamais eu lieu. Elle n’a jamais existé. Le drapeau Hongrois flotte au dessus de l’immeuble qui abrite des locaux de l’ONU.

Les nationaux bolchéviques poursuivent leur chemin, fondé sur la falsification, l’effacement des photos de leurs propres dirigeants, l’éducation populaire, l’art populaire, le sport populaire, l’important pour eux étant de nier l’individu qui est coupable, comme en Syrie, les nationaux sociaux, sous le couvert d’une laïcité qui ne reconnait aucun droit aux pauvres, poursuivent leur même chemin, il s’agit de détruire toute initiative qui échapperait au pouvoir central, au chef, à ceux qui savent, parce que comme dit le Pope, le Psychologue freudien, le secrétaire de la cellule du Parti Communiste local, le dirigeant des Jeunesses Communistes, le peuple est bête immonde et il a besoin d’encadrement.

Sous les arcades du Parlement, entre les rayons du soleil apaisant, les bustes des héros de la Nation Hongroise.

L’ordre, leur ordre ne durera pas.

Les chars soviétiques n’ont pas pu tirer, par manque de recul, sur le toit du Parlement.

Pierre Merejkowsky



Budapest - Conversation 2 : La synagogue

Ce n’est pas un complot.

Je vous interdis de me ridiculiser en usant de vos habituels arguments. Je n’ai jamais parlé de complot.

Victor Urban, en sa qualité d’ex-membre du parti communiste hongrois, poursuit sa mission d’encadrement.

Les gardes frontières hongrois ont le droit d’abattre, sans sommation, les sans papiers.

Mon anglais défaillant m’a presque permis de comprendre, qu’une petite fille avait reçu comme cadeau d’anniversaire une maisonnette peinte en jaune, avec un jardin propret, protégée par plusieurs rangées de barbelés.

Victor Urban répète la manœuvre des soviétiques, qui, après la seconde guerre mondiale, avaient libéré des goulags des anciens dirigeants juifs du parti communiste polonais pour les nommer à la tête de la Pologne, justifiant ainsi le fait que l’URSS était une démocratie populaire, justification qui fut reprise à son compte par le poète Evgueni Evtouchenko, qui composa le poème Baby Yar, mis en musique par Dmitri Shostakovich, qui en tant qu’artistes dépendants du Pouvoir, avaient orchestré ces vers, rappelant que l’internationalisme prolétarien ne pouvait être antisémitisme.

La synagogue de Budapest a été rénovée, elle trône dans le centre de Budapest, elle a été repeinte. Une barrière de protection, suivie d’autres barrières de protection, conduit à une guérite. Dans cette guérite, des billets d’entrée sont vendus, pour une somme relativement importante, à des étrangers de passage et pour une somme exorbitante pour les habitants de Budapest.

Des jeunes à kippa stationnent entre la guérite et les barrières. Ils portent des tees shirts élégants et des lunettes teintées de marque les protègent du soleil.

Je ne les dévisage pas.

L’ouverture en grande pompe de la synagogue de Budapest, laisse entendre que la Hongrie n’est pas dirigée par un parti d’extrême droite xénophobe.

Les jeunes à kippa devant la guérite parlent entre eux en américain. Ils ne me dévisagent pas. Ils m’ignorent.

Au nom de l’efficacité, de l’assimilation, de l’encadrement d’un idéal, qui par sa promesse n’a aucun rapport avec une guérite et des barrières, ils collaborent, peut être sciemment, à une manœuvre du pouvoir, qui, en fixant un prix prohibitif pour visiter une synagogue, reprend les habituelles diatribes antisémites concernant une pseudo cupidité des juifs, qui prépareront les conditions du prochain pogrom de Budapest, qu’ils escomptent, afin de m’enrôler de force dans l’armée israélienne.

Pierre Merejkowsky



Budapest - Conversation 3 : L’épuration

Elle est sortie de la guérite. D’un pas pressé et décidé, elle s’est avancée vers les trois touristes américaines et d’un seul geste de la main, elle a procédé à l’expulsion immédiate des trois paires de bras dénudés des trois américaines, qui ont aussitôt rebroussé chemin, sous l’œil impavide d’un gigantesque pope, que je me suis efforcé de ne pas fixer des yeux.

Le serveur, sous l’ombre des branches de l’arbre, prend la commande. Les tables de style et les inévitables chaises sont dressées de part et d’autre d’une fontaine, qui domine la rue en pente, que barre le jardinet propret, qui débouche sur le seuil impeccable de la Cathédrale de l’Église Orthodoxe de Belgrade.

« X » me demande si je ne suis pas surpris de le retrouver à Belgrade. Je réponds que je ne suis pas du tout surpris. « X » insiste. Il me demande si je me souviens de lui. Je lui réponds que je me souviens très bien des propos que nous avions échangés à Paris.

J’avais cru comprendre que tu étais mort.

Dis-je en guise de présentation finale. Notre échange, ainsi engagé, se poursuit :

X : Je ne suis pas mort.

Moi : J’ai dû mal comprendre des propos qui m’ont été rapportés.

X : La police française m’a contrôlé à un feu rouge, elle a constaté que je n’avais jamais passé le permis de conduire, elle m’a aussitôt renvoyé dans le premier avion pour Belgrade.

X : Ça faisait plus de quinze ans que j’habitais à Paris.

X : Ce n’est pas grave.

X : Mon expulsion n’a aucune importance.

X : La vie est rebond. Le zéro n’existe pas, il dépend juste du point de départ que l’on se donne.

Moi : Nous sommes les passagers d’un train lancé à cent kilomètres à l’heure, personne ne connait la destination de ce train, mais ce n’est pas grave, dans le train parfois montent ou descendent des passagers.

X : La bêtise est un sentiment universel.

X : Je ne comprends pas tout.

X : Il faut que tu saches qu’à Belgrade beaucoup de gens sont déprimés.

X : Ils sont même tous déprimés.

Moi : Je crois que j’ai dû rater une marche.

X : C’est normal.

Moi : Qu’est ce qui est normal ?

X : Ton rapport aux femmes t’empêche de comprendre.

Moi : Quelles femmes ?

X : Les femmes.

X : Tu as eu sept enfants avec huit femmes différentes, moi j’ai trois enfants avec deux femmes, c’est notre ethnicité qui nous dépasse.

Moi : Quelle ethnicité ?

(Pause)

Moi : Je ne comprends pas tout.

X : C’est la question de ton ethnicité.

Moi : Je comprends que le gouvernement Serbe, je dis bien le gouvernement et pas les gens, a choisi de s’aligner sur Poutine, plutôt que sur l’union européenne. Je ne m’oppose pas à ce choix. Pourquoi pas en effet ? Je me pose juste la question suivante, lorsque je suis descendu du train à la gare de Belgrade, j’ai vu les mêmes merdes publicitaires qu’à la gare du Nord de Paris, les Samsung, les Orange, les bagnoles, les voyages en avion et dans ce cas je ne vois pas l’intérêt de soutenir un Poutine, qui serait un rempart contre les américains ou américaines aux bras nus, si c’est pour défendre les mêmes valeurs commerciales.

X : Avec Poutine, c’est moins pire.

Moi : Ah bon ! Pourquoi ? Sa clique, me semble t il, pique autant dans la caisse de Khodokhovski et Navralni.

X : Nous sommes d’accord sur ce point, l’opposition contre Poutine est une mascarade destinée à faire croire à l’opinion consommatrice en quête de moralité qu’il y a des opposants.

Moi : Donc Poutine défend la loi du marché, dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi vous le soutenez, au moins Brejnev avait un vague, très vague ripolin social, même s’il était bidon, mais franchement Poutine…

X : La Russie est passée, en vingt ans, d’une société féodale, à une société moderne.

Moi : Et le plus troublant, c’est que la clique à Poutine se fiche éperdument des Pussy Riot et des anarchistes de Leningrad… Comme s’ils avaient compris que l’enjeu désormais était Internet et le Pope, comme en France ils se fichent des opposants autos enfermés dans leurs caves souterraines.

X : Du temps de Staline, il fallait faire taire toute opposition, parce que le combat était idéologique, il fallait développer la Russie, ce qu’a fait Staline en un temps record, la cohérence exigeait une discipline générale, c’est à ce prix que la Russie est sortie du Moyen Age.

X : Il n’y a plus d’idéologie, ce qui compte maintenant, c’est le commerce, l’extrême droite nationaliste n’a pas d’idée, de but, elle défend le commerce comme Trump et Macron et pour défendre le commerce, ils ont besoin d’argent, l’argent vient du foot, de la mafia, et des fonds recyclés dans le cinéma d’auteur du festival de Cannes. L’enjeu c’est le business, donc tu peux continuer à écrire et à tourner tes films dans la cave, ils s’en foutent, la seule référence c’est le business et…

Moi : Et ?

Moi : Et ?

X : Je ne dis pas que nous ne devons pas agir. Notre conscience est intacte, notre croyance en la vie ne peut être qu’individuelle et c’est pour cette raison que tu as fait des gosses à toutes les femmes que tu as rencontrées et qui t’ont aimées.

Moi : Le Maire d’Alep a pris la parole Place de l’Hôtel de Ville à Paris, devant la banderole de Mémorial du Goulag, il a dit que Assad et Hitler avaient perdu, car il ne sera jamais possible d’éliminer la pensée.

X : C’est une question d’ethnicité.

Moi : Je ne comprends pas.

X : N’oublie pas un truc, un matin les Belgradois ont vu des missiles Tomawak qui ont été balancés, depuis quatre vingt kilomètres par des avions de l’OTAN, ils n’ont pas compris ce qui leur arrivait, c’est une sensation « bizarre », je t’assure, de se réveiller en prenant un missile sur le coin de la gueule, alors forcément, pour les gens Bruxelles et l’union européenne, c’est fini et ça n’a même jamais commencé.

Moi : De quelle ethnicité parles-tu ?

Pierre Merejkowsky

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Ni Poutine, ni Trump.

Merci Pierre, la criminalisation institutionnelle et privée des différences est l’origine de tous les racismes, elle auto-justifie tous les apartheids économiques, sanitaires, territoriaux et sociaux.

Se donner des justifications pour refuser de partager est le but de toutes les ségrégations, de toutes les exclusions, cela conduit à toutes les exterminations, à tous les génocides.

Un système de Ponzi, une mafia, une secte, ne peut pas fonctionner efficacement sans une autorité absolue et omnisciente, les chefs pensent pour tous les « n-1 » et tous les « n-1 » doivent payer leurs tribus aux chefs.


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Il capo dei capi

L’homme le plus riche de la nuisible mondialisation mercantile est « Il capo dei capi », est-ce l’homme que nous devons mettre à bas ou le mortel système dont il est l’esclave doré numéro 1 ?

Doit-on promettre un traitement au novitchok ou au polonium 210 pour tous les dissidents non violents de la sainte croissance mondialisée ?

Aujourd’hui, les cœurs antinucléaires armés de la vraie gauche nationale électoraliste française, du canal historique à poil dur, dénonce comme collaborateurs du violent système capitaliste, messieurs M. Luther King et M. K. Gandhi.

Ces deux opposants non violents à un système hyper violent ont été assassinés, malheureusement, messieurs Robert Boulin et Pierre Bérégovoy ont été victimes d’une dépression brutale, profonde et mortelle.

Ce n’est pas un complot.

Je vous interdis de me ridiculiser en usant de vos habituels arguments. Je n’ai jamais parlé de complot.


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Ne déléguons plus nos voix pour défendre nos vies !

Étonnant non ?

Amitiés fraternelles, Solidaires & AntiNUcléaires.

Pierre Roullier, alias Roger Nymo

Voir en ligne : Blog de Pierre Merejkowsky - Actualité debout

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