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OUAIS TOUS ENSEMBLE

Scénario de Pierre Merejkowsky

vendredi 30 novembre 2018, par merejkowsky pierre

14 juillet, jour de la fête nationale, le réacteur numéro deux explose.

L’embouteillage, gigantesque, empêche l’arrivée des secours de première urgence.

L’Assemblée Générale se réunit.

Le grotesque succède au sacrifice.

14 juillet. Le préfet a écrit de sa main sur l’arrêté préfectoral qu’en ce jour de fête nationale, il était formellement interdit de lancer des pétards sur la voie publique.


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Ceci n’est pas un escargot !

L’escargot laisse une trace sur la vitre qui protège l’arrêté préfectoral.

Dans la rue, les habitants, en cette veille de quatorze juillet, enfournent un flot de valises dans les coffres béants des berlines particulières, tandis qu’au même moment, dans le couloir des soins palliatifs, le sociologue émérite s’élève contre les actes criminels, pour la science de la classification, de cette racaille de sociologues juifs allemands, à Nanterre en 68.

A proximité de là, dans la chambre d’hôtel, la journaliste d’investigation se caresse les seins devant une webcam et s’élève contre l’enlèvement psychiatrique, qu’elle subit de la part de son mari et de son journal, qui réclame un scoop, tandis que le tankiste, enfermé dans son tank, tourne en rond autour du rond point européen qui longe la chambre d’hôtel, il ne répond pas aux injonctions venant du sas du tank, qui lui ordonnent de donner :

Ta position sale crétin pédé !


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Ceci n’est pas un tank !

Au même moment dans le bureau du président de la République la panique gagne, un tank a disparu, et il semblerait aux dernières nouvelles que ce tank, aux mains des terroristes, serait positionné à une centaine de mètres de la centrale nucléaire, construite sur une zone sismique se situant au dessus de la rive droite du Rhin.

Les sous chefs de service, au volant de leurs berlines particulières, encerclent la piscine municipale, les portières claquent, les berlines bleues se garent contre les berlines rouges, d’autres portières claquent, les sous chefs, à grands pas, pénètrent dans la piscine municipale, tandis qu’au même moment, un homme bedonnant, assis sur le perron devant l’entrée de la piscine municipale, note dans un carnet les noms des sous chefs de service, tout en monologuant qu’il a trahi, un par un, ses camarades de lutte anticolonialiste et qu’il était en fait un indicateur de la police et que c’est pour cette raison, qu’il n’a pas pu se marier avec Lydie, et qu’il est coupable, et le tankiste dans le char explique à la voix de la psychologue du Palais de l’Élysée, qu’il s’est engagé dans l’armée, parce qu’il n’a pas eu le choix, soit il s’engageait dans l’armée, pour une durée de deux ans reconductible par accord tacite, soit le juge le condamnait à deux ans ferme pour un trafic de cocaïne, qu’il avait mis en place pour faire tomber l’inspecteur de l’URSSAF de la brasserie centrale et, à cause des pressions qu’il y a dans les chambrées, il a été obligé de s’engager dans les corps d’élite des casques bleus de Sarajevo et, comme il avait passé son permis poids lourd le jour où son père, le gérant de la brasserie, l’avait flanqué à la porte, parce qu’il avait couché avec sa maîtresse, une salope, ils l’ont mis dans un char, et maintenant, il en a marre, parce qu’à Sarajevo, ils ont fait en sorte de provoquer un incident, ils ont fait en sorte que son char se fasse encercler par une foule de musulmans terroristes, et il a failli prendre une bombe larguée d’un avion sur la gueule, et ils ont eu ainsi le prétexte, pour rentrer à Sarajevo, et maintenant c’est fini, il ne veut plus être manipulé, et le char il ne le rendra pas, et le portable téléphone de la psychologue, il n’en veut plus, et le portable il le jette par-dessus la tourelle du tank, et le portable rebondit contre les barreaux d’une cave et dans la cave, une femme courtement vêtue explique à ses deux compagnons hirsutes, qu’elle ne travaillera plus jamais et ses deux compagnons hirsutes répètent qu’ils n’ont pas tenus leurs engagements, qu’ils sont des crapules et ils s’accusent du suicide de Myriam.


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Ceci n’est pas un lampadaire !

Les lampadaires électriques de la ville s’allument.

Le quo-pupitreur, dans la salle de commande de la soupape de la centrale nucléaire, déchire, une par une, les feuilles d’un calendrier des postes. Il reconnait publiquement, dans un téléphone fixe qu’il est un privilégié. Oui, il pourra prendre sa retraite à cinquante cinq ans, oui il n’a rien d’autre à faire que de veiller à ce que le graphique sur l’écran de contrôle reste bien dans la zone verte, s’il passe dans la zone rouge, c’est la catastrophe, mais le graphique ne passera jamais dans la zone rouge, il le sait, il sert à rien, il est juste là, pour des raisons syndicales, parce que les syndicats ont imposé qu’il y ait quelqu’un de permanence dans la salle de commande, c’est une question de statut, parce que si on commence à laisser personne dans la salle de commande, il y aura des licenciements.

Le préfet entre à grands pas dans la chambre d’hôtel occupée par la journaliste d’investigation. Ils avaient rendez vous. Elle avait obtenu rendez vous. D’une voix nette et claire, entre deux orgasmes, la journaliste d’investigation demande quand aura lieu et où aura lieu la réunion secrète des sous chefs de la centrale nucléaire.


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Ceci n’est pas un saint couvre-leader sacré !

Le préfet ne répond pas, le préfet ne ricane pas, il ne tempête pas. Il lui dit juste :

Et alors ?

Et alors ?

Et alors, la journaliste d’investigation tempête, puis se calme. Elle se met à pleurer, c’est fondamental qu’elle ait connaissance de la date et du lieu de cette réunion secrète, ils attendent le scoop, son mari attend son scoop, ses parents attendent le scoop, elle a toujours été nulle. Le préfet la prend dans ses bras. Elle le gifle.

Le quo-pupitreur téléphone, depuis la salle de commande de la soupape, à sa belle sœur. Il reconnait qu’il a obtenu son poste de quo-pupitreur par sa belle sœur, qui est l’amante du chef de service du délégué syndical majoritaire. Mais il n’est pas responsable de cet acte.

Dans la rue, le tankiste claque la porte du tank et il se met à marcher, à marcher, le long des barrières de sécurité fixées le long de la piscine olympique.

Les sous chefs de service, un par un, descendent l’escalier qui conduit au sous sol de la piscine olympique, tandis que sur le banc un homme bedonnant observe la journaliste d’investigation, qui demande d’une voix pitoyable à entrer dans la piscine, la technicienne de service lui dit que l’entée de la piscine olympique et rigoureusement interdite aux personnes étrangères à la piscine olympique.

La réunion secrète débute. Elle est fort courte. Le préfet annonce qu’afin de se libérer définitivement de l’emprise de ces écolos imbéciles, il y aura un incident provoqué, un très léger incident précise t il, qui entraînera, dans un premier temps, un premier délestage de la région Bretagne, ça leur apprendra à avoir refusé la centrale nucléaire de Plogoff, après ce délestage touchera le quatorzième arrondissement de Paris, parce que les Verts sont en force à la Mairie et comme ça les gens comprendront qu’il est nécessaire de multiplier les centrales nucléaires, sinon un accident peut arriver, voila, c’est un simple incident, et tout s’arrête, les chefs de service ensuite se congratulent, ils se rappellent avec enthousiasme de leur passé en Algérie, comment ils ont rétabli l’ordre dans la Casbah d’Alger et comment cette racaille, oui, cette racaille, précisent-ils, de civils, a voulu que l’ordre soit rétabli et, que maintenant ils les accusent d’avoir pratiqué la torture, alors que c’est le pouvoir politique qui avait demandé que l’ordre soit rétabli, par tous les moyens et ils se congratulent, et ils se félicitent, jusqu’au moment où, le chef de service, cette racaille de société civile, les ont supplié de rétablir l’ordre pas tous les moyens et que maintenant, cette même racaille de civils les accuse d’avoir pratiqué la torture, et ils se congratulent et ils se félicitent, jusqu’au moment où, un chef de service remarque, d’une voix insidieuse, qu’il a perdu sa montre bracelet, alors les sous chefs de service se mettent tous à chercher la montre bracelet. Quelle montre ? Le préfet rétablit l’ordre. La montre bracelet sera retrouvée. L’incident aura lieu.


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Ceci n’est pas la lune !

La lune se lève.

L’homme bedonnant, encadré par une femme avec des lunettes et par une femme sans lunettes, prophétise devant le comptoir de la brasserie centrale l’avènement inévitable d’un accident majeur nucléaire, qui signera l’arrêt de mort de tous les sous chefs de service prédateurs. Les poivrots ricanent et s’acharnent contre les deux femmes avec et sans lunettes.

Le quo-pupitreur, conformément aux instructions non écrites qu’il a reçu, se barricade dans la salle de commande et se met à chanter, à chanter et, conformément aux instructions non écrites qu’il a reçues et qu’il a crues comprendre, il débranche l’écran de contrôle, la lumière rouge apparait, une alarme sonne, et les délégués syndicaux, les chefs de service, tout le monde court dans le couloir, à la recherche de la hache de service, la hache de service, et ils se précipitent en rollers, en trottinettes, ils courent dans les couloirs, ils traversent de gigantesques coursives, et la hache s’abat sur la porte blindée de l’intérieur, mais la porte blindée ne s’ouvre pas, la porte blindée ne s’ouvre pas, et la porte du tank ne s’ouvre pas, et le président de la république apprend qu’un tank ne peut pas s’ouvrir de l’extérieur, justement, c’est impossible, on ne peut pas ouvrir un tank de l’extérieur s’il est fermé de l’intérieur, le tankiste a dû s’enfermer à l’intérieur du tank, et ils cognent, et ils tapent, et le tankiste se rappelle que lui quand il était à Sarajevo, personne ne pouvait ouvrir de l’extérieur la porte du tank, parce que le tank ne s’ouvre que de l’intérieur, c’est un monstre qui est enfermé à l’intérieur et on ne peut l’arrêter que de l’intérieur, mais l’intérieur, on ne peut pas l’ouvrir, puisqu’il n’est pas à l’intérieur, et tous ils s’affolent, et la porte blindée du poste de commandement de la soupape ne s’ouvre pas.

Mon Livre sera mon Combat.

psalmodie l’homme bedonnant, les deux femmes avec et sans lunettes s’interposent entre le gérant de la brasserie centrale et les poivrots, le préfet branche un grille-pain dans la chambre d’hôtel et, la centrale nucléaire explose et dès que la centrale explose, des centaines de journalistes apparaissent, les envoyés spéciaux se précipitent dans la vallée, les voitures créent un gigantesque embouteillage, un drap blanc est déployé sur la façade de la préfecture, les touristes qui avaient enfourné leurs bagages dans les coffres de leurs voitures, tournent, tournent en rond et personne ne ne peut accéder à l’accès de l’embouteillage, c’est impossible, les voitures de pompier ne peuvent accéder à l’embouteillage, c’est impossible, et le tankiste remonte dans le tank et écrase un car de touristes, ce qui permet aux pompiers de passer, et les pompiers remercient le tankiste et le tankiste ricane et, dans la cave, la discussion continue, la femme courtement vêtue et ses deux compagnons ne savent pas que la centrale a explosé, car c’est une cave blindée et ils continuent à s’accuser de manipulations, d’argent détourné, d’amour, de baise, de trucs totalement incompréhensibles et ça n’en finit pas, ça n’en finit pas, les réquisitoires succèdent aux réquisitoires et le président de la république exulte, enfin, le tank a été repéré, le tank n’est pas aux mains des terroristes, nous allons pouvoir récupérer le tank, assure l’aide de camps et, à ce moment là, les sirènes d’alarme retentissent, et les éditions spéciales des radios, des télévisions, rappellent que les nouvelles seront communiquées par la radio et, qu’il est important, dans les circonstances actuelles, de s’équiper de transistors alimentés par des piles, et tous, ils se précipitent dans la brasserie centrale, là où on vend des piles, mais le directeur de la brasserie, comprenant que son fils a fait une grave connerie en ne rendant pas le tank, car il a été informé par son fils qu’il ne rendra jamais le tank, le gérant de la brasserie centrale affirme qu’il n’y a pas de pile en vente et alors, l’assaut est donné contre la brasserie centrale, ils veulent des piles pour les mettre dans leurs radios, pour écouter les nouvelles et le journaliste de l’édition spéciale répète que pour l’instant la situation est sous contrôle et le directeur du cabinet du ministre de l’intérieur répète nous allons ouvrir la brasserie centrale, nous n’allons pas nous opposer, pour l’instant, à des scènes de pillage dans la brasserie centrale, car il est nécessaire que les pillages soient focalisés sur un seul point, à savoir, la brasserie centrale, sous peine de voir se développer les pillages dans toute la ville et le président de la république approuve et il dit :

En tout cas, ils ne passeront jamais la rive droite du Rhin, jamais ils ne franchiront la rive droite du Rhin.

Et au même instant, les envoyés spéciaux couvrent l’événement et répètent que les particules radioactives élémentaires de l’explosion de la centrale ne franchiront pas la rive droite du Rhin, c’est impossible, les conditions météorologiques sont au top, jamais les particules ne franchiront la rive droite du Rhin et à ce moment là éclate la première assemblée générale et dans la première assemblée générale est donnée lecture du rapport secret.


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Ceci n’est pas un rapport secret !

Le rapport secret est lu par un délégué du syndicat majoritaire, un souffle, tout le monde retient son souffle, le rapport secret va être lu et chacun comprend à ce moment, que le rapport secret va expliquer les erreurs de gestion qui ont été faites par la direction de la centrale nucléaire, la belle sœur, comment le quo-pupitreur a pu être engagé, par piston, alors qu’il ne savait rien, pourquoi il est devenu fou, parce qu’il prenait des calmants et pourquoi il prenait des calmants, parce que le psychiatre avait dit que s’il travaillait dans une cave, il fallait qu’il prenne des calmants et pourquoi est ce qu’il travaillait dans une cave, parce qu’en cas de malaise d’un quo-pupitreur, il fallait que le poste de commandement de la soupape reste placé sous le contrôle d’un quo-pupitreur, c’est une question de statut et d’autres scandales sont révélés ; et c’est un cri unanime :

Plus jamais ça !

Plus jamais ça !!

Et une assemblée générale souveraine se dessine, mais un groupe de syndicalistes minoritaires décide de franchir la rive droite du Rhin, car il a été dit à la radio, par le Premier Ministre, que la rue ne le fera pas reculer et que la rive droite du Rhin sera préservée ; et le groupe minoritaire, encadré par des professeurs et des élus municipaux minoritaires, commence à avancer vers les barrières qui barrent l’entrée du pont et, au même moment, dans la brasserie centrale libérée par les membres du syndicat majoritaire, l’homme bedonnant qui s’accusait de crimes contre la classe ouvrière, délivre sa prophétie et annonce que les manipulateurs seront dénoncés, que les goulags seront ouverts de nouveau, car il faudra mettre tout le monde en prison, afin que la pollution s’arrête, afin que l’expansion stupide s’arrête, afin que les voitures s’arrêtent, que le TGV s’arrête ; et les deux femmes, une avec des lunettes et l’autre sans lunettes, approuvent et répètent :

Lisez le livre, le livre Son Combat.

Le livre Son Combat sera annonciation de ce qu’il va arriver et tout le monde applaudit, non pas tout le monde, certains ricanent, et ceux qui applaudissaient s’en vont, et ceux qui ricanent disent :

C’est un fou !

Et l’homme bedonnant sombre dans la tristesse et les deux femmes commencent à écrire pour lui une prophétie et lui disent :

Tu vas te sacrifier et tu seras le nouveau prophète et ils comprendront une fois que tu seras mort où était la vérité.

Et le préfet lui hurle dans son mégaphone, que l’assistanat ne sera jamais de mise, et que les survivants malgré eux auront droit à un bon de repas, s’ils remplissent, trois fois par jour, les feuilles de service stipulant qu’ils cherchent du travail ; et sur son lit d’hôpital, au même moment, le sociologue émérite dit dans un dernier soupir :

J’ai trouvé la dénomination, ça ne sera pas les réfugiés, ça sera les-irradiés-malgré-eux.

Et cette dénomination, par un effet d’espace temps courbé, se répand dans toute la ville, les-irradiés-malgré-eux, les-irradiés-malgré-eux...

Première sommation !

La police tire sur les manifestants qui voulaient franchir la rive droite du Rhin, tandis que la communauté des gitans balancent les berlines des sous chefs dans l’eau du Rhin, afin de récupérer l’amiante ou le cuivre des portières et, à ce moment là, le président de la république, dans une allocution télévisée, félicite les gens du voyage, qui par leur action de vol ont réussi à désenclaver l’accès à la rive droite du Rhin, maintenant, les premiers secours arrivent, les bénévoles, les bénévoles, l’Abbé Pierre, Emmaüs, tous, ils vont venir, l’Europe aussi et, à ce moment, de nouveau, on pourra créer une nouvelle société, qui ne sera pas fondée sur l’assistanat, sur l’assistanat, et le préfet comprenant à ce moment là que sa femme est partie avec un quarteron de généraux aigris qui voulaient défendre l’intégrité de la rive gauche du Rhin et apprenant ensuite que son fils a lancé un pétard sous la fenêtre centrale de la préfecture, alors qu’il avait écrit que les jets de pétards étaient interdits, décide de faire le don de sa personne.

Et le président de la république annonce devant les journalistes d’investigation présents, qu’il est prêt, si les circonstances l’exigent, à faire le don de sa personne ; et dans un ultime discours sur une estrade, le préfet lève la main et hurle :

JE VOUS AI COMPRIS !


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Ceci n’est pas une croix !

Je les ai compris, répète le préfet et l’homme bedonnant, comprenant son devoir, énoncé par les deux femmes, avec et sans lunettes, rejoint l’assemblée générale et il marche, il marche, il franchit des barrières, sous les quolibets, les bénévoles le laissent passer, lui et son balais brosse, parce qu’il répète :

Du balais, du balais...

Et dans l’assemblée générale, ils ne le reconnaissent pas , il essaye de parler, mais personne ne le reconnait, alors il revient, là où les deux femmes, avec et sans lunettes, l’attendent, devant douze bénévoles-malgré-eux, assis sur une table et les bénévoles demandent des comptes à l’homme bedonnant :

Qu’as-tu fait ?

Et un sous chef de service reçoit un chèque d’un des bénévoles et le coq irradié ne chante pas et l’homme bedonnant est égorgé de la main d’un bénévole-malgré-lui, alors, les deux femmes, avec et sans lunettes, enveloppent le corps de l’homme bedonnant dans un drapeau de la communauté européenne, elle le dépose ensuite sous le socle d’une gigantesque croix de lorraine qui domine la tour de refroidissement de la centrale et le préfet, avant d’être fusillé sous la croix de lorraine, a juste le temps d’affirmer que la journaliste d’investigation a été la victime expiatoire et de répéter :

Mon sacrifice ne sera pas vain, mon sacrifice ne sera pas vain...

Les sous chefs se congratulent devant la croix de lorraine en se répétant que le miracle sera qu’il n’y aura pas eu de miracle et, dans la cave, le tankiste descend les marches et observe un interstice sous le barreau de la cave blindée, il annonce que cet interstice va s’ouvrir et qu’il conduira aux caisses du super marché, où, il sera possible de se rassasier, parce que tant qu’on n’a pas franchi les caisses :

Ce n’est pas un vol !


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Ceci n’est pas une réclame !

Et il ajoute :

Je connais l’État-major, ils vont creuser un lac, tout autour du supermarché, afin que d’autres tunnels ne soient pas creusés ; et dans le lac artificiel naitront les poissons et l’ère du poisson succédera à l’ère atomique.


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Ceci n’est pas une centrale nucléaire !

Le feu d’artifice illumine la façade de la moyenne surface construite sur la rive droite du Rhin.

Pierre Merejkowsky - novembre 2018

(Source : http://merejkowskypierre.over-blog....)

Voir en ligne : Blog de Pierre Merejkowsky

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